Nouveau cas de «petite bonne» violentée à Casablanca ...

Nouveau cas de «petite bonne» violentée à Casablanca L’Association INSAF s’est portée partie civile

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Victime de violences systématiques et de séquestration de la part de sa «patronne», dans l’indifférence (complicité ?) du mari, devant les deux enfants du couple, la gamine a fini par s’évader pour se retrouver entre les mains des habitants qui l’ont confiée à la Police Judiciaire dans un état qui a soulevé l’indignation de tous.

A défaut de lieu de protection dédié et de procédures spécifiques de prise en charge d’enfants victimes de ce type de violence, la PJ a d’abord confié la fillette au Samusocial Casablanca, lieu d’accueil d’urgence des personnes en situation de rue (!), après un passage par l’Hôpital Baouafi, où il a été médicalement constaté la gravité extrême de son état (lésions traumatiques étendues à tout le corps y compris l’appareil génital, ecchymoses et abrasions cutanées).

Par la suite, le Procureur l’a mise au Centre Abdeslam Bennani, lieu inadapté à ce type d’enfant, en particulier, dans l’état où était Fatima. Bien entendu, le tout assorti de PV d’audition et autres formalités qui convergent vers la confirmation d’actes illégaux, barbares et condamnables.

Devant le développement judiciaire de l’affaire, la «patronne» a disparu, pendant que son mari s’est chargé d’appeler le père de Fatima à Imintanout pour «organiser» le retrait de la fillette du Centre Abdeslam Bennani et le désistement écrit de toute poursuite, rédigé dans un style juridique impressionnant de justesse et de nuance pour un homme analphabète parlant difficilement en arabe (!). C’est alors que la «patronne» s’est présentée à la PJ.

Ayant été informée au troisième jour de cette affaire, l’Association INSAF s’est mobilisée pour apporter soutien et réconfort à la victime et pour veiller au bon déroulement des différentes péripéties, en contact permanent avec les professionnels de la PJ et de la Justice et les responsables des centres d’accueil.

Malgré ses réserves sur le curieux désistement, INSAF a assisté la fille et le père dans les démarches de sortie du Centre Abdeslam Bennani et a assuré leur transport jusqu’à Imintanout.

Sur le plan judiciaire, le Procureur du Roi auprès du TPI de Casablanca a poursuivi la «patronne» en flagrant délit pénal et ordonné son emprisonnement dans le cadre du dossier N° 6491/2010.

Pour sa part, INSAF s’est portée partie civile et confié le suivi judicaire de cette nouvelle affaire de violence à son avocate.

Dans un communiqué, l’Association INSAF en appelle à tous les acteurs institutionnels et associatifs et à tous les citoyens épris de justice sociale de se joindre à elle dans cette nouvelle affaire de violence contre l’enfant.

Tout en confirmant son total engagement dans les actions du Collectif associatif pour «L’éradication du travail des petites bonnes», l’Association INSAF en appelle aux:

1. Gouvernement marocain pour instaurer un cadre juridique qui pénalise et sanctionne sévèrement le travail domestique des petites filles et qui les protège contre cette pratique inhumaine.

2. Corps élus pour user de leurs prérogatives pour faire avancer les projets de textes en instance d’examen en leur donnant un contenu en cohérence avec les engagements internationaux de notre pays.

3. Citoyennes et citoyens de notre pays pour briser le silence sur la problématique des petites filles exploitées dans le travail domestique et sur les abus dont elles sont victimes.

4. Médias pour contribuer efficacement et durablement à la sensibilisation des citoyens et à la dénonciation des abus constatés.

Y. A.

 

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