CASABLANCA : IMAGES NOIRES D’UNE VILLE BLANCHE

CASABLANCA : IMAGES NOIRES D’UNE VILLE BLANCHE

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Ils ne se sentent plus vivre dans un cadre sain et verdoyant. Ils s’estiment lésés, floués, trahis par les actuels gestionnaires à qui, ils ont donné leurs voix lors des dernières consultations électorales. Et puis ils ont peur pour leurs enfants et pour eux-mêmes devant l’explosion de l’insécurité dans cette ville tentaculaire, qui n’a de ville moderne que le nom et de DAR EL BEIDA que l’illusion d’une couleur.

 

Le spectacle quotidien qu’offrent ses rues, ses avenues, ses places et ses rares espaces verts est affligeant pour ne pas dire révoltant. Les citoyens contribuables s’organisent petit à petit avec une nouvelle conscience de leur droit à une vie meilleure et à la conviction qu’ils peuvent changer les choses en tant qu’interlocuteurs crédibles responsables, sûrs de la légitimité de  leurs revendications et de la manière idoine pour les faire aboutir.

Certains évoquent même l’éventualité d’un recours aux juridictions et autorités compétentes pour mettre le holà à cette dérive calamiteuse à l’heure ou la ville et ses communes engrangent des recettes colossales sans que cela ne se traduise sur le terrain par une quelconque amélioration notable.
Chaussées et trottoirs défoncées, moyens de transport urbains brinquebalants et hyper polluants, circulation au compte-goutte toute la journée, nuisances sonores exécrables d’engins pétaradants qui confondent des boulevards fréquentés et circuits de vitesse et pour boucler la boucle, des dépotoirs et des décharges à ciel ouvert à chaque coin de rue.  La tricherie et le laisser-aller ne sont pas l’apanage des seuls gestionnaires de la ville. Les concessionnaires délégués en charge de la propreté de la ville usent avec leurs équipes et à volonté de plusieurs subterfuges  pour donner une image du travail bien fait dans les règles de l’art, conformément à un cahier des charges qui se voulait pointilleux et entouré de toutes les garanties au moment de l’octroi de juteux marchés. Leur procédé le plus condamnable consiste à nettoyer les grandes artères par où risquent de s’aventurer de hauts responsables et de laisser les rues adjacentes ou en retrait dans un total abandon. Leurs contrats décrochés et leurs caisses grassement alimentées , ils restent persuadés que les élus ne viendront pas mettre leur grain de sable dans leur business et résilier ces contrats de peur de tout refaire à zéro et laisser la situation empirer ,c’est un euphémisme. Car il est difficile de descendre plus bas et d’imaginer pire situation.

Entourée sous l’ère du maire SAJID, la politique d’embellissement des boulevards d’Anfa, Massira Elkhadra ainsi que la corniche jusqu’à Ain Diab fait sourire les uns et grincer les dents chez d’autres qui voient le fossé se creuser avec des communes moins loties et les quartiers périphériques où de nombreux bidonvilles, plaies béantes s’il en est, affichent toute leur misère dans des cadres d’une saleté repoussante à l’image du bidonville Bachkou qui côtoie avec insolence le secteur paradisiaque de Californie, du reste fief du maire SAJID.

La baie qui part de la mosquée Hassan II, principal édifice religieux et attrait touristique de la ville, est laissée à son triste sort et à l’abandon.  Immondices et détritus en tous genre sont offerts à la vue des touristes et des promeneurs locaux alors qu’il suffirait d’un peu pour valoriser ce front de mer et cette vue imprenable sur cette mosquée dont le pays peut légitiment tirer une fierté légitime.

Il fût un temps ou les principaux responsables de la ville effectuaient des visites sur le terrain pour s’enquérir des transformations, bonnes ou mauvaises, de la ville dont ils président aux destinées .Ce n’est guère plus le cas aujourd’hui, se suffisant des rapports tronquées de leurs subalternes pour rester dans le confort de leurs bureaux et échapper ainsi aux critiques et doléances des citoyens.
N’est pas maire ni wali qui veut. Les enjeux urbanistiques actuels, les freins à mettre au développement anarchique de la taille d’une ville comme Casablanca, les besoins légitimes de la population en espaces verts et en fluidité de la circulation, l’harmonisation  des espaces publiques, des identités architecturales et urbanistiques sont autant d’urgences et de priorités, qui nécessitent une implication réelle et un savoir-faire multidimensionnel et multisectoriel pour maîtriser cette expansion.
L’anarchie et le laisser-aller qui règnent dangereusement à Casablanca, l’insécurité galopante et généralisée qui terrorise les citoyens font croire qu’il n’y a pas de pilote à bord .Ou bien ne sont pas t-ils formés à bonne école.

Dépassés par cette situation chaotique de la plus grande ville marocaine, les deux principaux responsables de ce gâchis  aux ramifications catastrophiques et dramatiques seraient bien inspirés de rendre leur tablier .Cette situation ne fait honneur ni à cette ville ni à au pays, ni à l’image de pays émergent qu’il ambitionne de véhiculer à l’international.

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