Des dégâts estimés à 100 millions de dhs

Des dégâts estimés à 100 millions de dhs

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il est vrai que l’impact de cette vague de chaleur est variable selon un certain nombre de considérations dont l’âge des volailles, la nature et la qualité de l’équipement des unités de production (isolation, ventilation, brumisation….), n’empêche que les conséquences se sont avérées assez lourdes: des chutes de performances zootechniques de production conjuguées à des taux de mortalité élevés au niveau des élevages de poulet de chair et de la dinde.

Déjà un premier bilan.

Au 13 août, la FISA évoque en termes de mortalité des taux de 15% pour le poulet de chair en fin de cycle d’élevage et de 10% au niveau de la dinde en fin de cycle d’élevage.

En termes de chute de performances, les chiffres de la FISA parlent d’un retard de croissance de 15% au niveau du poulet et de 10% au niveau de la dinde. Et ce, en plus d’une chute de ponte de 10%.

En chiffres, les pertes financières globales sont estimées à 100 millions de dhs dont 60 millions en pertes liées aux mortalités de volailles et 40 millions en termes de chute de performances de production.

Toujours est-t-il que jusqu’ici, ce secteur demeure handicapé par un certain nombre de contraintes dont des coûts de production élevés, une défaillance de la réglementation sanitaire, une ambiguïté du statut fiscal du secteur, une défaillance des infrastructures d’abattage et de commercialisation, un faible niveau d’encadrement, une inefficience du système de production dans la régulation du marché et une relative élévation des coûts de production.

Pour rappel, avec une production en 2009 de 440.000 tonnes de viandes de volailles et 3,1 milliards d’œufs de consommation, le secteur avicole parvient, d’une part, à couvrir actuellement 100% des besoins en viandes de volailles représentant 55% de la consommation totale (toutes viandes confondues) et 100% des besoins en œufs de consommation. Et d’autre part, dégage un  chiffre d’affaires estimé à 21,1 milliards de dhs et procure, de manière permanente, 98.000 emplois directs et près de 225.000 emplois indirects dans les circuits de commercialisation et de distribution.

Pour rappel aussi, les aviculteurs, à travers la publication au bulletin officiel du 4 mars 2010 de l’arrêté n° 423-10, peuvent bénéficier, pour la première fois, d’une subvention de 30% lors de l’acquisition d’un système de refroidissement (brumisation ou pad cooling) pour l’équipement de leurs bâtiments d’élevage. Laquelle subvention a été prévue dans le cadre de la refonte du Fonds de Développement Agricole (FDA) visant la révision globale des incitations financières accordées par l’Etat aux producteurs pour accompagner les ambitions du plan « Maroc Vert » et les dispositions des contrats programmes signés entre le Gouvernement et les organisations professionnelles.

Cette aide, reconnaît la FISA, longtemps demandée par les professionnels eu égard à la contribution du secteur avicole au FDA à travers les prélèvements opérés sur ses intrants importés, incitera, sans aucun doute, les aviculteurs à doter leurs bâtiments d’élevage en matériel de refroidissement nécessaire. Ce matériel permettra de pallier ou du moins réduire les effets récurrents des coups de chaleur de la saison d’été qui se traduisent chaque année par des pertes financières importantes aux éleveurs et une perturbation dans l’approvisionnement normal du marché en produits avicoles.

Autrement dit, l’incitation financière est  là, il appartient à l’éleveur de la consommer et  d’assumer sa responsabilité en termes de prévention contre tout éventuel effet de la canicule estivale.

Une sorte de mise à niveau volontariste d’autant plus qu’eu égard aux grands engagements de l’espace économique marocain, notamment les accords de libre échange avec les Etats-Unis, quadrilatéral (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie), les pays de la Ligue arabe et l’accord d’association avec l’Union Européenne, et compte tenu des menaces éventuelles qui guettent l’aviculture marocaine, considérée parmi les secteurs les plus vulnérables, celle-ci est appelée à entreprendre un effort très important de mise à niveau. Et ce, pour aboutir à des résultats et attitudes beaucoup plus convaincants.

N. BATIJE

 

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