LES GRANDS ENTRETIENS DE JALIL NOURI : INVITE ABDELRHNI BENSAID

LES GRANDS ENTRETIENS DE JALIL NOURI : INVITE ABDELRHNI BENSAID

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Constamment au four et au moulin, c’est le cas de le dire pour son métier, il trouve le temps de faire aboutir, tête baissée, les initiatives qu’il estime valables, et elles sont nombreuses sans aucun égoïsme. Homme de défi qui tient toujours ses engagements, volontariste, il s’apprête à lancer une énième association. Ses adversaires lui reprochent les arrières pensées carriéristes et des ambitions cachées qu’il rejette énergiquement.  Qu’est ce qui fait courir finalement ce traiteur pas comme les autres. Des éléments de réponses dans l’entretien qui suit

Votre nom Abdelrhni Bensaid, le bien nommé,  c’est pour cela que vous faites toujours les fêtes ? Finalement, le riche fils de gens heureux pour souligner le trait?

Le bonheur c’est acquis de naissance, on l’a ou on ne l’a pas comme la richesse du cœur ou l’intelligence. Le bonheur en général est fait pour être partagé, je pense. Je le partage dès que je le peux quand je suis sollicité professionnellement. Et Dieu sait que je le suis, surtout en cette période de l’année, propice à toutes les unions, à tous les rêves et espoirs des personnes qui mettent leur vie en commun pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour .le meilleur. Je partage en quelque sorte ce rêve avec eux. Réussir une fête de mariage, c’est déjà réussir une partie de la vie à deux qui commence. N’est-ce pas?

Et quand le mariage échoue au bout de quelques mois, vous vous sentez comment si vous l’apprenez?

Je suis rarement tenu au courant. En revanche, si le couple en question revient quelques années plus tard pour le baptême de leur premier enfant, je suis aux anges.

Vous ne seriez pas un peu philosophe dans la vie, humaniste par exemple?

Un peu comme tout le monde, c’est la philosophie de la vie. J’aime mon prochain.

Sinon, la vie c’est pas compliquée pour vous, vous qui passez votre temps à vouloir toujours faire le bonheur des autres?

Pas à ce que je sache, il s’agit d’une question de noblesse d’esprit. C’est pour cela que mon entreprise LENOBLE TRAITEUR  a été créée car le Label BENSAID est une marque familiale partagée. Le bonheur est dans le sang chez nous. Dès mon jeune âge, j’avais toujours à l’esprit d’entreprendre dans les domaines de l’événementiel, de l’organisation de manifestations diverses… pour résumer, tout ce qui peut aller dans le sens du rapprochement entre les personnes et de leur enrichissement mutuel et pas forcément matériel.

Adolescent et déjà dans l’organisation, un businessman précoce ? C’était inscrit sur votre front déjà à l’époque que vous alliez mener la carrière et le parcours qui sont les vôtres aujourd’hui?

Je crois au destin et au Mektoub. Je peux vous dire sans fausse modestie que j’ai eu et j’ai toujours cet esprit d’entreprise, le sens des initiatives et la volonté de mener de front plusieurs projets à la fois. Je me vois difficilement cantonné dans l’immobilisme et me contenter de gérer un seul projet. Du reste, mes proches me font souvent cette remarque pour savoir ce qui me fait tant bouger et courir. Ma réponse est la suivante: plutôt mourir que de ne pas entreprendre et entreprendre encore tant que j’en ai la capacité.

Vous êtes sur tous les fronts en termes d’événementiel avec exclusivement le quotidien l’Opinion. C’est par conviction istiqlalienne ?

C’est un journal qui a bercé ma plus tendre enfance en tant que Rbati de part sa proximité et je lui reste fidèle. Je lui dois une fière reconnaissance pour l’accompagnement qu’il m’accorde dans « LE RENDEZ-VOUS DES ARTISTES » et les nombreux « CONCOURS DES MOTS FLECHES » que nous organisons ensemble depuis déjà 7 ans. Il faut arrêter de le dénigrer car il ne faut pas oublier que malgré tous ses défauts comme les autres journaux, il reste la première école du journalisme marocain d’après plusieurs de vos confrères qui y ont fait leurs débuts..

Ces différents événement et bien d’autre dont nous allons parler, vous les organisez à fonds perdus, êtes-vous aussi riche qu’on le prétend ?

Loin de là, je suis un modeste mécène dont la seule ambition, encore une fois,  c’est d’apporter du bonheur aux autres. Quant aux sommes dépensées et à leur origine, c’est à la sueur de mon front, au prix de plusieurs sacrifices… d’ailleurs je suis encore locataire et je paye encore les traites de ma voiture.

A ce propos de fins de mois difficiles, une grande partie des marocains, nous le savons, sont surendettés surtout en temps de récession et de crise financière internationale. Les gens sont-ils au régime au Maroc, surtout les riches que vous servez?

Je ne vois pas beaucoup de changements notables en ce qui me concerne, riches ou moins riches font encore la fête autant qu’avant. Contrairement à ce que l’on pense, c’est en période de crise que les gens ont le plus besoin de  festoyer. C’est une évidence qu’il est nul besoin de rappeler…

Votre meilleur et plus mauvais souvenir ?

Commençant par le meilleur, vu mon optimisme : l’idée d’organiser le plus grand buffet des plats du monde dont l’objectif essentiel était d’ordre culturel puisqu’il visait à rassembler différentes cultures, à travers 28 pays participants. Un événement qui a connu un grand  succès et un retentissement international à Rabat en avril 2008. Cà, c’est une autre histoire d’amour. Un amour sans fin pour ma ville natale, Rabat, que je n’ai jamais quittée. Ce plus grand buffet des plats du monde c’était pour lui rendre hommage en quelque sorte ainsi qu’à ses habitants dont je me sens très proche et très solidaire. Si c’était à refaire, je le referai encore et en plus grand, même si j’y ai beaucoup perdu jusqu’au fond de mes poches mais le bonheur de le faire était indescriptible et d’une grande intensité

Toujours aussi  humaniste mais également un penchant aussi pour le dialogue entre les civilisations. Toujours aussi ambitieux… et votre plus mauvais souvenir ?

Je suis optimiste par définition. Si j’en avais, je les aurai évacués de mon esprit sur le champ.

Il semblerait que vous faites aussi de la politique puisque vous êtes à l’origine de la création d’un collectif pour la réouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, je dirai même que c’est votre obsession. C’est un nouveau challenge?

Si ce projet abouti ça sera effectivement un des plus beaux challenges dont on peut rêver pour la région d’un grand Maghreb unifié, développé et apaisé. A ce titre, je voudrai rappeler que notre initiative www.maroc-algerie.com, s’inscrit dans une démarche citoyenne, humaniste donc solidaire. Je ne désespère pas de voir cette réouverture se concrétiser pour que les gens puissent circuler et se rencontrer des deux côtés de la frontière. 

Qui vous a inspiré cette démarche, un maître à penser, un club de réflexion, des politiques.. ?

Ceux qui m’ont inspiré restent ces millions de personnes, au Maghreb et à travers le monde qui militent en ce sens et inlassablement tout comme moi. Pour s’en convaincre, je vous invite ainsi que vos lecteurs encore à visiter notre site http://www.maroc-algerie.com pour vous en convaincre. Déjà 20.000 signataires de part le monde pour cette réouverture et qui sont prêts à se rencontrer

Vous êtes engagé politiquement ? La carte de votre parti est de quelle couleur ?

Arc en ciel ou si vous préférez rouge et vert, des couleurs partagées par nous tous. Pour tout vous dire, j’ai reçu plusieurs invitations par le passé pour rejoindre diverses formations politiques que j’ai toujours déclinées. J’ai préféré prendre le temps de réfléchir jusqu’à présent. Mais maintenant que le champ politique est mieux balisé par rapport à avant avec l’arrivée de nouveaux entrants, je pense que je ne vais pas tarder à faire le grand saut pour rejoindre une famille politique afin de mieux servir mon pays et les marocains. 

Et  le fait de lancer une invitation à l’équipe algérienne pour venir jouer au Maroc celà rentre également dans le cadre de votre militantisme ou bien pour le spectacle?

.Nous agissons en tant que collectif pour la réouverture des frontières dans le cadre d’une démarche cohérente, logique et intégrée pour tout ce qui peut contribuer à un réel rapprochement avec comme objectif final, faire reculer les barrières de l’incompréhension et des égoïsmes. A cet égard, le sport, particulièrement le football, est le meilleur support pour véhiculer toutes ces idées d’une diplomatie citoyenne qui se veut efficiente. Et pour illustrer cet engagement et mes propos, nous pensons faire venir les anciens pros algériens pour rencontrer les nôtres ici au Maroc et prévoir un match-retour en Algérie. Cette idée a séduit certains joueurs des 2 côtés qui ont trouvé l’idée réalisable et prometteuse. Très bientôt, j’espère vivement concrétiser ce projet. Le football est un excellent vecteur de rapprochement et en plus, le spectacle sera garanti, j’en suis convaincu.  Souvenons-nous que les dégels historiques intervenus entre la Chine et les U.S.A. ont eu pour amorce un simple tournoi de ping-pong entre les deux pays, un précédent à méditer et suivre.

Après tout ce que l’on vient de dire, avec cette histoire de mobilisation pour la réouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, vous voulez en arriver à quoi ?

Je voudrai tout simplement arriver à la gare commune du Grand Maghreb Uni.

Vous êtes connu à Rabat comme étant  le spécialiste des réceptions données par le corps diplomatique,  vous arrive t-il de vous mêler également de questions diplomatiques ?

Je me contente de les aider à mettre les petits plats dans les grands … Je ne m’occupe jamais des cuisines internes des autres, c’est la règle de la maison.

Vous êtes également sur le point de créer  » le Cercle des Intellectuels ». C’est juste pour prendre le café ensemble et papoter, parler de la pluie et du beau temps, histoire de refaire le monde ?

C’est un peu caricatural ce que vous avancez. Il y a un grand projet derrière cette idée et vous serez éclairé quand nous annoncerons sa création dans quelques semaines. De toute manière, je ne vais pas en présider les destinées. Mon rôle est d’enclencher le processus de création de ce club de réflexion et de veiller à ce qu’il prenne son envol dans les meilleures conditions pour qu’il devienne crédible et pérenne. C’est comme cela que j’ai toujours pensé et fonctionné. Je pense que c’est la meilleure voie et j’espère ne pas me tromper ni être déçu si cette initiative ne tient pas toutes ses promesses. Mais je reste optimiste comme je vous l’ai déjà dit. Défaut ou qualité, je vous laisse juger. En tout cas j’y crois et c’est là l’essentiel

Qu’attendez-vous exactement comme objectifs à atteindre à court et à moyen termes, avec la constitution de ce cercle des intellectuels ?

Un groupe de 2000 personnes d’origines et de profils divers s’est déjà constitué en réseau social sur facebook. Cette matrice sera l’ossature qui sera appelée à jeter les bases de notre future association et à en déterminer un plan de travail avec un échéancier qui sera proposé et adopté par le futur bureau. Pour l’instant, ce qu’il faut retenir c’est que nous inscrivons notre démarche dans une perspective citoyenne en tant que force de réflexion, de proposition  et de médiation à plusieurs niveaux. Vous n’êtes pas sans savoir que le Maroc, notre pays est à l’aube de plusieurs échéances importantes qui méritent qu’on y réfléchisse et qu’on œuvre pour une plus grande implication des marocains toutes classes confondues dans la prise de décision sur les choses qui les concernent directement.

Une toute dernière question en rapport avec le mois sacré du Ramadan: que faut-il retenir des provocations d’un groupe de jeunes qui veulent inciter les gens à ne pas jeûner et réclament l’ouverture d’un débat national sur cette question en faisant jouer la notion de liberté et de droits de l’homme ?

J’estime qu’il s’agit tout au plus d’un caprice stupide et de provocations de la part d’irresponsables qui ne savent pas justement où commence et où doit s’arrêter leur liberté et leurs droits. De toute manière, il y a la loi qui reste le dernier recours en pareil cas. Il faut l’appliquer dans toute son étendue, avec sévérité, pour ne pas laisser le doute venir empoisonner l’esprit des jeunes générations.

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