Khénifra: Changement du quotidien et renforcement des traditions

Khénifra: Changement du quotidien et renforcement des traditions

382
0
PARTAGER

Ce n’est qu’après la sortie des fonctionnaires et des employés de leur lieu du travail que la ville devient de plus en plus animée. Les avenues et les ruelles retrouvent leur activité. L’engouement habituel pour les produits et les denrées nécessaires à la préparation de la table d’Iftar devient ainsi manifeste dans les différentes souikas de la ville, le marché municipal et ses environs, la rue de Bir Anzaran et autres placettes.

 

Toutes les rues commerçantes où des locaux ont été aménagés provisoirement pour la circonstance, connaissent une affluence massive et deviennent grouillées de monde.

Face à cette ruée, les marchands ambulants tentent de se frayer une place pour étaler leurs marchandises. Tout est là. Des produits diversifiés sont étalés à tel point que le client, sous l’embarras du choix, la faim et la soif aidant, se donne l’envie de s’approvisionner plus qu’il n’en faut.

Les produits bio et de terroir en pôle position

Le mois sacré coïncide cette année avec la récolte de plusieurs fruits et légumes de saison. A Khénifra, les légumes et fruits « bio » et les produits de terroir demeurent sans conteste les plus sollicités sur le marché.

Si certains producteurs, généralement des petits agriculteurs de la région, mettent en vente leur production dans les souikas, notamment celle d’Amalou, et à l’entrée du marché municipal, d’autres préfèrent écouler leurs produits en les exposants aux visiteurs et habitants qui préfèrent fuir la chaleur torride qui sévit dans la ville et se rendre dans les différents sites naturels dont regorge la province (Aguelmam Azegza, Ajdir, Jnan Immas) pour profiter de la fraicheur ou tout simplement s’approvisionner en eau des sources naturelles.

Les automobilistes ne peuvent ainsi rester indifférents devant des produits « bio » (figues, tomates, menthe, persil et autres) étalés le long de leur trajet par des enfants, des femmes et des hommes dans les régions d’Ait Nouh et Arrogo.

Des traditions qui résistent encore au mode de vie moderne

A l’instar des autres régions du Royaume, le mode de vie des familles khénifries a, certes, changé. Toutefois, le Ramadan vient renforcer certaines traditions et changer le comportement des habitants de la citée des Zayane.

En effet, des familles Khénifries ont su garder d’anciennes traditions qui résistent encore aux avatars du temps.

Parmi ces rituels figure la célébration de la nuit de la mi-Ramadan. Des familles attachées à ces traditions inculquées de génération en génération, veillent à ce que cette nuit, à l’instar de celle du destin, soit différente des autres jours du mois sacré.

Ce 15ème jour est marqué par « Dbiha ». Les Khénifris procèdent à « Louziâ », une sorte d’abattage collectif d’une bête qu’un groupe de personnes se partage. Mais ce rituel est devenu rare de nos jours.

D’autre part, Laylat Al Kadr (La nuit du destin), offre également l’occasion propice pour initier les enfants au jeûne. Ce premier jour du jeûne est célébré dans une ambiance festive. Une soirée est ainsi organisée en l’honneur du petit ou de la petite qui jeûne pour la première fois. L’application du henné sur les mains semble inévitable pour l’enfant qui porte en cette nuit sacrée des vêtements traditionnels.

Cette nuit vient enrichir l’esprit de solidarité entre les citoyens en ce mois de quête spirituelle. Car qui dit Ramadan dit partage. Les familles tiennent à préparer des plats de couscous qu’elles partagent avec les personnes nécessiteuses en cette nuit sacrée.

Après la nuit du destin, qui intervient vers la fin du mois sacré, place ensuite aux préparatifs de l’Aid Al Fitr qui marque la fin du mois béni.

Les citoyens freinent les achats de nourriture et pensent aux vêtements de leurs enfants pour l’Aïd Al Fitr. Les marchands des produits alimentaires cèdent la pace alors aux marchands et magasins de vêtements.

Les nuits ramadanesques à Khénifra

Après avoir savouré les délices de la table d’Iftar qui ne déroge pas généralement aux traditions culinaires connues lors de ce mois (Harira, dattes, chabbakia, msamen ou pain à base de la graisse, baghrir ou encore batbout ou harcha à base de plantes médicinales, des jus), les khénifris, tout âge confondu, s’apprêtent à accomplir les prières d’Al Ichae et Trawih.

Une fois le devoir religieux accompli, les principales artères de la ville s’animent et deviennent effervescentes jusqu’à une tardive de la nuit.

Si certains habitants privilégient de rendre visite aux amis et aux proches ou tout simplement de se balader pour mieux digérer le repas d’Iftar, d’autres, par contre, investissent les espaces verts pour profiter d’un moment de quiétude, notamment le « jardin des FAR » et les places « Chelal  » et « 20 août », aménagés dans le cadre du programme de mise à niveau de ville et inaugurés récemment à l’occasion des fêtes du Trône et de la jeunesse.

Mohamed Koursi / MAP

Commentaires