LA NUIT DU DESTIN ...

LA NUIT DU DESTIN AUBE DE LA REVELATION DE L’ISLAM

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Pourtant, quelle belle leçon de cohabitation interreligieuse, de mansuétude et de foi en l’avenir l’Amérique qui n’a pas encore pansé les blessures du 11 septembre nous donne à travers ce projet !
Mais tout n’est peut-être pas encore perdu et nous osons espérer que nos enfants et petits enfants contempleront un édifice où juifs, chrétiens et musulmans cohabiteront, se parleront, partageront…
Au-delà du symbolisme puissant qui caractérise une telle œuvre inédite, ce sont les promesses d’avenir qu’elle sous tend  qui doivent être saluées et mises en exergue.

L’Islam, selon Goethe
Goethe donne réponse en quelque sorte à cette problématique en posant une interrogation qui résume à elle seule la véritable dimension du message du Prophète  Mohammed et sa quintessence : Si tel est l’islam ne sommes-nous pas tous musulmans.
Et ce n’est certainement pas pour faire du prosélytisme que ce savant universellement connu et respecté a porté un témoignage qui devrait faire autorité auprès de tous. On ne peut, en effet, suspecter le grand penseur allemand de rouler pour l’Islam ou d’en défendre la cause. Mais par les temps qui courent, avec toutes les inepties déversées sur une religion et son messager, on ne peut que recourir à un témoignage aussi puissant, formulé il y a près de deux siècles.

 

Pourquoi donc cette religion (qui reconnaît le judaïsme et le christianisme) est elle, aujourd’hui, décriée, agressée, contestée ? L’Islam appartient, faut-il le rappeler, au groupe des religions révélées. Monothéiste comme celle de Moise et Jésus, il conçoit l’Univers comme une création volontaire d’un Etre absolu, incréé.  « Le Dieu d’Abraham, de Moise, de Jésus et de Mohammed est Un et se révèle  comme personne distincte du monde créé ! ».

De ce côté-là, nous musulmans, sommes en règle, sommes en paix (étymologiquement, l’Islam est paix et amour). Parce que, à la différence d’autres croyances, nous n’en contestons aucune et nous nous réclamons de toutes celles qui ne renient pas l’Unicité du créateur. Peut-être est-ce même là la source de notre confort spirituel, de notre aptitude naturelle à aimer et à accepter et respecter l’Autre, sans effort particulier.

Islamophobie, quand tu nous tiens …
Il faut aux pseudo-exégètes des temps modernes, qui ne remuent leur encrier que pour déverser le fiel sur une religion et ses adeptes, se documenter un peu mieux, un peu plus. Et que ce soit chez Goethe, Massignon, Berque, ou d’autres illustres penseurs plus anciens, ils trouveront un avis unanime sur l’universalisme de la foi que partagent plus d’un milliard de terriens.
Que les sceptiques se reportent aux premiers temps de cette religion, comment et en combien de temps elle a été propagée non par le sabre mais par le verbe et la persuasion, dans un tiers du globe habité, comme l’a écrit Alphonse de Lamartine.

Pour ne pas tomber moi-même dans le piége des sarcasmes subjectifs, je voudrais offrir à tous deux pages extraites d’un témoignage peu répandu, émanant d’un islamologue polyglotte, Haidar Bammate en l’occurrence qui, dans son prodigieux ouvrage : « Visages de l’Islam», d’élevait déjà, il y a un demi siècle, sur cette propension de certains Occidentaux à dénaturer- sciemment ou inconsciemment-le Message de Sidna Mohammed (Salla Allahou Alayhi oua Sallam).

Voici, suivi d’un texte de Lamartine, en quels termes Haidar Bammate s’élevait contre l’islamophobie.« Quelle est donc cette religion qui, treize siècles et demi après son apparition, continue d’exercer une telle emprise sur des centaines de millions d’êtres humains et détermine leur attitude dans la vie publique et la vie privée ?
-Rarement religion fut aussi méconnue et dénaturée que l’Islam ; rarement préjugés aussi grotesques et calomnies aussi éhontées ont trouvé autant de crédit auprès du grand public européen, que ceux qui ont été répandus sur Mohammed et son enseignement.
-Le souvenir confus des luttes que l’Occident chrétien a soutenues contre l’Orient musulman a entaché et entache encore les jugements sur l’Islam.
-Que de fables insensées courent sur le prophète, que de mythes absurdes sur l’intolérance et le fanatisme musulmans sont acceptés comme des dogmes indiscutables.
-Quelques écrivains célèbres et arabisants de mérite avaient essayé, il vrai, de rendre justice à l’Islam.
Leurs tentatives n’ont pas eu beaucoup de succès. La grande masse des lecteurs continue d’ignorer à peu prés tout de la personne du Prophète, de sa religion et de la brillante civilisation qui exerça une si large influence sur la civilisation occidentale. »*

Le Prophète Sidna Mohammed vu par Lamartine

Qu’il nous soit aussi permis de citer une page de Lamartine sur le Prophète et qui se passe de tout commentaire.

Jamais, dit le grand poète, homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à  l’homme et l’homme  à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité  dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de i’idolâtrie…

« Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècles après sa prédication, l’islam, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu, l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un livre, dont chaque 1ettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatrie1. Philosophe, orateur, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes notionnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?»

Il serait téméraire d’essayer d’ajouter quoi que ce soit à ce portrait du Prophète, tracé par Lamartine.
Pour la meilleure compréhension de l’Islam, il est néanmoins nécessaire, tout en rendant l’hommage dû à la grandeur du messager de la religion musulmane, d’insister sur la place relativement modeste que tient la personne du Prophète dans la doctrine de l’Islam.

Simple mortel, Mohammed n’a jamais prétendu à un rôle autre que celui d’annonciateur du Verbe Divin.
« Je ne suis pas un innovateur parmi les apôtres. Je ne fais que suivre ce qui m’a été révélé ; je ne suis qu’un avertisseur sincère » (Coran, XLVI, 8).

Jamais il n’a cherché à passer pour un saint ni paraître sans péchés.
Un verset du Coran s’adresse à Mohammed dans les termes suivants : « Que Dieu te pardonne tes péchés anciens et récents et qu’il te rende parfaite Sa grâce en toi et qu’Il te guide sur la voie droite ». (Coran ;XLVIII.2)

*Voyage en Turquie 1854

Abdezahid Hayat MANSOURI

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