CLINIQUES PRIVEES : UNE CHIRURGIE LOURDE POUR EN FINIR AVEC LES ABUS

CLINIQUES PRIVEES : UNE CHIRURGIE LOURDE POUR EN FINIR AVEC LES ABUS

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Nous sommes, en effet, bien loin du serment d’Hippocrate : « JE DONNERAI MES SOINS A L’INDIGENT ET A QUICONQUE ME LES DEMANDERA. JE NE ME LAISSERAI PAS INFLUENCER  PAR LA SOIF DU GAIN OU LA RECHERCE DE LA GLOIR . ADMIS (se) DANS L’INTIMITE DES PERSONNES, JE TAIRAI LES SECRETS QUI ME SERONT CONFIES.JE FERAI TOUT POUR SOULAGER LES SOUFFRANCES. »

 

La liste des récriminations et de graves accusations est indéfiniment longue, lourdes de conséquences qui en appellent aujourd’hui à une refonte totale du système et du cadre réglementaire dans lequel évoluent et prospèrent avec indécence ces établissements privés qui, profitant du désarroi des patients et leurs familles alimentent abusivement leurs caisses,  parfois au détriment de la santé de ces malades qui leur confient leur corps.

En se référant à la rubrique faits divers des journaux, force est de constater que notre pays est bien fourni en scandales qui secouent le landernau médical : procès contre des cliniques très réputées dans les grandes villes pour négligences graves conduisant au décès des patients, abus en tous genres, prix prohibitifs sans le service requis et surfacturé, sous-équipements et sous-qualification du personnel…et un seul dénominateur commun à toutes ces cliniques ou presque toutes : la cupidité et l’avidité du gain rapide sans considération pour la vie d’un être humain.

Preuve en est ces obligations dont doit s’acquitter par avance le patient sans préjuger du bon déroulement d’une opération et de l’efficacité des soins prodigués : le chèque certifié à l’entrée ou bien le paiement en monnaie sonnante et trébuchante. Dans le cas contraire, le malade est remis dans son ambulance ou à sa famille sans autre forme d’accueil et quelque soit l’urgence de son cas de santé. Dans ce cas d’espèce, bien des établissements devraient être fermés après avoir été normalement poursuivis dans le cadre de la loi et devant la justice pour non-assistance à personne en danger.

Normalement ? Voire ! Mais la volonté de Yasmina Baddou de mettre de l’ordre dans ce domaine est à mettre à son actif et ce sera tout à son honneur si elle y parvient d’ici la fin de son mandat. Les tournées d’inspection à l’improviste ont ceci qu’elles sont impartiales et qu’elles révèlent au grand jour des dysfonctionnements d’une rare gravité qui tombent sous le coup de la loi, certes, mais un dispositif réglementaire qui gagnerait  à devenir coercitif ou à tout le moins dissuasif. Seule mesure prise pour l’instant, accorder un délai aux cliniques défaillantes pour se mettre à niveau au risque d’être sanctionnées. Mais il y a d’autres mesures sévères à prendre contre d’autres fléaux comme le système du « noir » , l’exigence de chèques de garantie pour les mutualistes ….Gérées comme des commerces juteux, les cliniques privées au Maroc sont bien loin des standards internationaux. Eclaboussées par de nombreux scandales et des procès devant les tribunaux qu’elles s’efforcent de camoufler, l’heure de leur impunité et la fin de leurs combines a sonné.

En tout cas, il faut l’espérer.

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