Mali: combats meurtriers entre l’armée mauritanienne et islamistes de l’Aqmi

Mali: combats meurtriers entre l’armée mauritanienne et islamistes de l’Aqmi

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Ces combats entre militaires mauritaniens et islamistes armés, lancés vendredi soir, se sont interrompus dans la nuit puis « ont repris violemment » samedi matin « à Raz-El-Ma » (235 km à l’ouest de Tombouctou), a indiqué à l’AFP une source militaire mauritanienne. Un élu du nord Mali a confirmé de « violents combats » dans cette localité.

 

Mais les bilans provisoires divergeaient samedi.
Une source sécuritaire algérienne dans la région a estimé, sous couvert de l’anonymat, qu’il y avait eu « au moins dix » morts dans les rangs de l’armée mauritanienne », les islamistes ayant « perdu moins de cinq personnes ».

Auparavant, un responsable militaire mauritanien haut placé à Nouakchott avait affirmé à l’AFP: « Notre armée a tué 12 terroristes armés et en a blessé autant, dans les affrontements de vendredi. Deux militaires mauritaniens ont été tués et quatre blessés ».

Un élu du nord du Mali a déclaré de son côté à l’AFP: « Ce que nous ont dit les nomades qui sont revenus de non loin de là où les combats se sont déroulés hier (vendredi), c’est que beaucoup de militaires mauritaniens sont morts ». Selon de sources sécuritaires qualifiées dans la région, chaque camp a renforcé ses troupes.

De nombreux interlocuteurs de l’AFP au Mali se posaient, samedi, des questions sur une éventuelle implication de militaires français. Des habitants de la région de Kidal (à 1.600 km au nord-est de Bamako) avaient affirmé vendredi avoir vu un avion de reconnaissance français survoler la région à basse altitude, ce qu’a confirmé une source algérienne.

Cette offensive a lieu près de deux mois après une opération militaire franco-mauritanienne contre une base des islamistes armés dans le désert du nord du Mali. Sept membres d’Aqmi avaient été tués.
Le raid du 22 juillet visait, selon Paris, à libérer le Français Michel Germaneau, enlevé quelques mois plus tôt dans le nord du Niger. Aqmi a annoncé, le 25 juillet, avoir exécuté cet otage de 78 ans pour venger la mort de ses membres.

Aqmi est à présent soupçonnée d’avoir commandité un nouvel enlèvement au Sahel: le rapt de cinq Français, un Togolais et un Malgache capturés jeudi dans le nord du Niger, à Arlit (1.000 km au nord-est de Niamey), un site d’extraction d’uranium.

Les sept otages seraient à présent séquestrés dans le désert malien, selon des sources nigériennes et algériennes.

Et les soupçons se portent une nouvelle fois sur l’unité d’Aqmi dirigée par l’islamiste radical algérien Abdelhamid Abou Zeid, qui avait assassiné en mai 2009 l’otage britannique Edwin Dyer et a laissé mourir ou exécuté l’otage français Michel Germaneau en juillet.

Le ministre français de la Défense Hervé Morin a abrégé vendredi soir sa visite au Canada pour regagner Paris afin de participer à la gestion de l’affaire des otages français.

Quant au Mali, il n’a pas participé à l’opération contre Aqmi sur son propre territoire. « Nous avons permis à tous les pays riverains de faire des poursuites ici éventuellement », avait cependant souligné le président Amadou Toumani Touré, dans un entretien enregistré vendredi et diffusé dimanche sur Radio France Internationale et la télévision TV5 Monde.

Il n’a pas dit si les otages se trouvaient bien au Mali. « On ne peut pas dire avec exactitude où ils se trouvent, ils se promènent dans toute la bande sahélo-saharienne, aujourd’hui ils sont là, demain dans un autre pays », a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat malien a prôné une réponse globale au terrorisme, qui « se nourrit du sous-développement, surtout de la précarité ». « C’est la petite divergence que nous avons avec certains de nos voisins, pour certains c’est le tout-sécuritaire, mais cela ne suffit pas », a-t-il conclu.

AFP

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