Exposition universelle 2010 : Le Maroc et la Chine la main dans...

Exposition universelle 2010 : Le Maroc et la Chine la main dans la main

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La cérémonie d’ouverture, qui se déroulait en présence du Président du Comité permanent de l’Assemblée populaire de Shanghai, a été marquée par une allocution de ce dernier qui a salué le Maroc au nom du gouvernement de Pékin. M. Liu Yungeng qui a exprimé son admiration pour le pavillon marocain, le seul du continent africain à être construit dans cette Expo 2O1O par les soins du pays exposant, a mis l’accent sur les différents aspects historiques et culturels qui rapprochent le Royaume du Maroc de la République Populaire de Chine et sur les relations basées sur le respect mutuel qui lient les deux pays depuis plus d’un demi-siècle. Des relations, a-t-il constaté, qui connaissent un développement rapide et des liens d’amitié qui ne peuvent que se renforcer davantage avec l’excellence de la représentation du Maroc à la manifestation planétaire de Shanghai.

De sa part, M. Abdelwahed Radi a affirmé que la participation du Maroc à cette exposition universelle constitue un nouveau jalon dans l’édifice des relations sino-marocaines. Adossées à une histoire pluriséculaire commune, celles-ci affichent un bilan éminemment positif dans leur état actuel et laissent profiler des perspectives d’avenir prometteuses. Vieilles en fait de sept siècles, les relations bilatérales remontent plus précisément au célèbre périple qui conduisit l’illustre globe trotter marocain Ibn Batouta jusqu’en Chine, et qui fit découvrir au Maroc, et au-delà, au monde arabe et islamique, ce qu’était, en son temps, la prestigieuse civilisation de ce pays du Levant. A l’époque actuelle, pousuit le Président de la Chambre des Représentants, ces rapports ont retrouvé tout leur dynamisme, le Maroc ayant veillé, une fois son indépendance recouvrée, à établir des relations diplomatiques fructueuses avec la République Populaire de Chine, sous le règne de feu Leurs Augustes Majestés, les Rois Mohammed V et Hassan II, que Dieu Les ait en Sa sainte Miséricorde.

«Cette orientation, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, s’est constamment attaché, de concert avec les sages dirigeants chinois, a en consolider les fondements, en l’inscrivant dans le cadre d’un partenariat exemplaire, fondé sur le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des deux pays et sur la mise en place d’échanges économiques, culturels et humains voués au développement global. Outre une volonté commune de consolider la paix et la sécurité dans le monde, et de renforcer les relations Sud-Sud, ce partenariat s’inspire de la nécessité d’œuvrer à l’avènement d’une gouvernance mondiale emprunte d’équité. Il se réclame en outre, du devoir qui s’impose d’humaniser la mondialisation, loin de toute uniformisation dommageable aux cultures des peuples et, mieux encore, favoriser des synergies positives et de passer des alliances entre les civilisations dont ces dernières sont dépositaires».

«La proximité spatiale des pavillons du Maroc et de la Chine, et le beau spectacle qu’elle offre, incarnent de manière éclatante les valeurs partagées par nos deux pays. Tout comme la Chine, le Maroc a tenu, en effet, à ce que son pavillon soit un chef d’œuvre d’architecture et de culture, témoignant du génie marocain et de la richesse de la civilisation millénaire à laquelle celui-ci a donné naissance, et illustrant la grande habilité de ses artisans, le talents et l’imagination fertile de ses architectes ». A travers ce pavillon, poursuit toujours M. Radi, le monde entier, et les visiteurs en particulier, ont eu loisir de voir à quel point la participation marocaine, et le joyau de la civilisation et de l’architecture qui l’incarne, reflètent parfaitement le thème retenu pour l’Exposition de Shanghai 201O, à savoir « une meilleure ville, une meilleure vie».

Toujours dans son allocution, le Président de la Chambre des Représentants, a souligné que le Maroc, même étant géographiquement l’un des pays les plus éloignés de la Chine, a su à la faveur de cette exposition démontrer qu’il en était au fait le plus proche ; une proximité, a-t-il souligné, qui se mesure à l’attachement de chacun des deux pays à l’identité nationale authentique qui lui est propre, et à l’aune de la volonté constructive qui les anime d’être en phase avec l’esprit du siècle. Et pour clore, l’orateur n’a pas manqué de présenter à l’occasion de cette cérémonie qui coïncide avec la commémoration du 61ème anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine, les félicitations du Maroc, de son Roi et de son peuple à la direction chinoise, tout en formulant le vœu de voir les relations sino-marocaines connaître un plus grand essor.

La célébration de la journée nationale du pavillon du Maroc à l’Expo 2010 s’est poursuivie par un concert de musique andalouse donné par l’orchestre de musique Al Ala de Tétouan et par une visite de la délégation officielle au pavillon marocain qui se tient sous le thème: « Le Maroc, l’art de vivre ». Une troupe de musique et de danse amazighe était à l’œuvre sur l’esplanade et attirait les milliers de visiteurs qui défilaient devant le merveilleux pavillon national. Le Maroc a en effet veillé à ce que sa participation à l’Expo de Shanghai soit à la hauteur de cet évènement planétaire. Il a engagé son propre cabinet d’architecture et ses propres artisans pour concevoir et construire son pavillon. Le résultat fut un joyau architectural, élevée sur 3 étages, occupant un terrain de 2000 m? qui a été exploité pour produire une superficie couverte de 4000 m?. De nobles matériaux de construction ont été utilisés ainsi que des techniques avancées de sonorité, d’insonorisation, d’isolation thermique et de protection d’environnement. De l’avis unanime, ce fut un œuvre d’art aussi bien en matière de conception intérieure qu’extérieure. C’est un « Palais des mille et une nuit », écrit la presse chinoise émerveillée. L’œuvre est signée par Mostapha Alaoui, l’architecte qui s’est distingué dans la conception du pavillon du Maroc à l’Exposition Internationale «L’eau et le Développement Durable», Saragosse, Espagne, 2008.

Les trois étages du pavillon reflètent l’héritage de la civilisation, ses traditions et son art de vivre, à travers son architecture, sa culture, son environnement et son développement urbain, exposant les différentes composantes de la culture marocaine. Il comprend trois univers, à travers ses trois étages, le premier dédié à l’art de vivre ancestral, le second à la richesse du patrimoine culturel et de l’artisanat marocain, et le troisième espace reflète, à travers des réalisations numériques, les mutations que connaît le Maroc moderne dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, des services et des loisirs. L’objectif recherché est de faire connaitre à un grand nombre de Chinois notre pays et de promouvoir des relations distinguées avec cette grande puissance qu’est la Chine. Des relations qui ont connu ces dernières années une évolution sans précédent à tous les niveaux, puisque la Chine est devenue le troisième partenaire commercial du Maroc. En 2009, les exportations de la Chine vers le Maroc se sont élevées à 2,1 milliards de dollars contre 300 millions dans l’autre sens. Pour le 1er semestre de l’année en cours, l’équation est respectivement de 1,1 milliards contre 200 millions. Pour des commerçants marocains installés à Shanghai, les créneaux pouvant contribuer à l’augmentation du volume des exportations marocaines restent limité à quelques produits tels l’huile d’olive, les argiles et les agrumes. Le marché du tourisme, qui reste à ce jour insignifiant, peut lui aussi intervenir (la présence du ministre de tutelle à la journée nationale du pavillon du Maroc s’inscrit dans cette optique).

Reste à signaler que contrairement à certains préjugés développés au Maroc à travers la présence de commerçants chinois est à balayer totalement. La Chine, vue de dedans, est une grande puissance économique et industrielle. Shanghai (50 millions d’habitants avec sa périphérie urbain) n’a rien à envier d’une ville comme New York, Manhattan y compris. Un allié donc sur lequel il faut compter.

Shanghai, Saïd EL ASS

 

 

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