L’avion disparu: les recherches s’étendent à l’ouest, la Malaisie critiquée

L’avion disparu: les recherches s’étendent à l’ouest, la Malaisie critiquée

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Depuis 5 jours déjà, les opérations de recherche engagées par une dizaine de pays, dont les USA et la Chine, ont été élargies à la mer Andaman, très loin de la trajectoire qu’était censé emprunter le Boeing 777 assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin avec 239 personnes à son bord.

Alors qu’elles se déroulaient dans un rayon de près de 200 km autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec l’appareil, ces recherches s’effectuent désormais à des centaines de kilomètres de là, dans une direction ouest.

« Nous ne laissons rien au hasard. Nous devons explorer toutes les possibilités », a justifié le chef de l’aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman.

La mer Andaman est bordée au sud par la pointe nord de l’île indonésienne de Sumatra, à l’est et au nord par la Thaïlande et la Birmanie.

Pressée de s’expliquer, l’armée de l’air malaisienne, qui avait la première évoqué un virage ou un demi-tour juste avant que le contrôle aérien ne perde le contact avec l’avion, a assuré ne pas avoir changé d’avis.

L’armée « n’a pas exclu la possibilité d’un demi-tour en vol », a affirmé le général Rodzali Daud dans un communiqué. « C’est ce qui explique que les opérations de recherche et de sauvetage aient été étendues » aux eaux côtières à l’ouest de la péninsule malaisienne, a-t-il ajouté.
Il a néanmoins démenti les informations d’un média malaisien affirmant mardi, en le citant, que le radar avait détecté l’appareil au-dessus du détroit de Malacca entre la péninsule malaisienne, sur sa côte ouest, et l’île indonésienne de Sumatra.
- De la patience à la colère -
L’armée de l’air malaisienne n’a pas présenté publiquement les analyses radars qu’elle invoque pour soutenir l’hypothèse d’un demi-tour impromptu de l’appareil.
Les recherches infructueuses et la communication qui apparaît parfois confuse des autorités malaisiennes alimentent les critiques de plus en plus vives dans la presse du pays et sur les réseaux sociaux.
« L’humeur des Malaisiens commence à passer de la patience (…) au malaise et à la colère à force d’informations contradictoires sur (l’identité) de certains passagers, des bagages sortis de l’avion et de la confusion autour de sa dernière position connue », écrivait mercredi le Malaysian Insider, un important portail d’actualités.
L’hypothèse d’un changement brutal de cap, vers l’ouest, et la confusion autour de l’endroit supposé ou possible de la disparition de l’appareil ont par ailleurs convaincu le Vietnam de suspendre « temporairement » ses recherches aériennes et de réduire ses recherches navales en mer de Chine méridionale.
« Le jour où nous avons perdu le contact avec le vol, nous avons informé la Malaisie que nous avions remarqué que l’avion avait fait demi-tour vers l’ouest », a déclaré le vice-ministre des Transports Pham Quy Tieu.
« La Malaisie n’a pas répondu. Nous avons demandé aux autorités malaisiennes deux fois, mais elles ne nous ont pas encore répondu », a-t-il affirmé.
Le chef de l’armée de l’air malaisienne a estimé qu’il serait « inopportun de tirer des conclusions formelles sur la trajectoire de l’avion sans un haut degré de certitude et de vérification ».
Quant aux passagers munis de faux passeports dont la présence à bord avait suscité des craintes sur le sort du vol MH370, ils ont été identifiés et n’ont pas de lien connu avec des groupes terroristes, selon Interpol.
- Trafic d’êtres humains -
« Plus nous avons d’informations, plus nous sommes portés à conclure qu’il ne s’agit pas d’une action terroriste », a déclaré Ronald K. Noble, secrétaire général de l’organisation. Il s’agit plus probablement selon lui « d’un trafic d’êtres humains ».
Les deux hommes, identifiés comme des ressortissants iraniens, Pouria Nourmohammadi, âgé de 18 ans, et Seyed Mohammed Reza Delavar, 29 ans, cherchaient vraisemblablement à émigrer en Europe. Le plus âgé projetait de se rendre en Suède pour y demander l’asile, selon la police suédoise, et voyageait avec un passeport italien volé sous le nom de Luigi Maraldi.
Le patron de la CIA, John Brennan, s’est montré beaucoup moins catégorique sur ce point, indiquant qu’il « n’écarterai(t) pas » la piste terroriste.
Le Boeing 777-200 transportait 239 personnes, dont deux enfants en bas âge. Outre 153 Chinois et quatre Français, se trouvaient à bord 38 Malaisiens, sept Indonésiens, six Australiens, trois Américains et deux Canadiens, ainsi que des Russes et des Ukrainiens.
Si l’avion s’est abîmé en mer, il pourrait s’agir de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d’un avion de ligne depuis 2001, date de l’accident d’un Airbus A300 d’American Airlines qui avait fait 265 morts aux Etats-Unis.
AFP

 

 

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