21ème Salon du livre, il n’ y a pas que des livres…

21ème Salon du livre, il n’ y a pas que des livres…

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J’ai eu un réel plaisir à visiter le 21ème salon du livre.
Qu’elle ne fut ma surprise, très agréable soit tout de suite dit, de voir le parking plein et la queue devant les guichets.
Il parait que c’est ainsi tous les jours.
C’est dire que contrairement à ce que chacun peut penser, le livre intéresse. Peut être pas tous le monde, peut être pas autant que ne le voudraient les éditeurs et encore plus les auteurs.
Le livre à son public, un public silencieux sûrement.
A sillonner les allées du salon, je me rend compte qu’il n’y a pas que des éditeurs et des maisons d’éditions qui exposent. Il y a aussi des associations et autres instances qui exposent et écoulent des œuvres plutôt qu’elles ne les produisent.
Je ne sais pas si c’est le cas ainsi ailleurs. J’estime que certaines n’avaient rien à faire là, mais passons. كل زرع عندو كيالو
Certains stands sont plus visités que d’autres, je ne sais pour quelle raison. En face de certains complètement ignorés des passants, d’autres par contre affichent complet.
Les stands exposant des écrits à vocation religieuses ont beaucoup de succès. Je me pose la question de savoir si c’est ainsi, parce que c’est dans l’air du temps ou est ce une simple manifestation corporatiste pour impressionner?

Un stand m’a particulièrement intéressé. Je suis tombé dessus accidentellement au fond à droite de l’entrée. Il était vide, sinon la présence de deux jeunes filles manifestant un ennui certain. Je veux parler du stand de la fondation Tayeb Laalej. Petit par sa taille, grand par ce qu’il propose. On y trouve compilé l’ensemble des œuvres de ce grand du théâtre, de la chanson et de l’écriture tout court.
Ce grand dramaturge qui a mis au goût du jour toute la subtilité, la finesse et la richesse de notre langue, celle là même que le chef du gouvernement se jure de ne jamais admettre comme langue de l’enseignement fondamental, combien même il l’utilise au quotidien pour nous convaincre.
Dommage pour des générations encore, mais ça viendra j’en suis persuadé.
La science et le bon sens finissent toujours par avoir le dessus sur les idéologies.

Au centre à droite, je suis tombé sur un autre stand, d’une richesse inouïe, mais peu visité sinon par les connaisseurs. Celui des éditions du patrimoine. Et oui elle existe et édite ou met en vente des documents fantastiques, traitant de notre histoire, de notre culture, de notre société, de nos origines et tant d’autres sujets ayant trait à notre identité et qui l’explique.
J’y ai acheté un livre édité en 1923 par les éditions du Mercure Africain…Elle a existé à Alger…le livre s’appelle Mektoub, il est d’Yvon de Saint-Gouric.
Que c’est beau d’avoir un si précieux document entre les mains. Mon épouse me dira: c’est peut être ce livre la qui aurait inspiré Paulo Coelho qui lui aussi, a écrit son Maktub édité en français en 2004, quatre vingt et un ans séparent les deux œuvres.

L’un des stands les plus attirants et celui du Conseil national des droits de l’homme. Animé par une équipe fort sympathique autour de Driss Elyazami, présent lui même. On y organise des débats diversifiés, des exposés et des lectures d’auteurs. Mon épouse y a participé à un débat bien suivi sur la parité dans le sport.
C’est à ce stand, où on a droit au café aussi, que j’ai eu la chance de rencontrer Abdelhadi Said. Ce matheux de poète et écrivain tant en arabe qu’en français. Il m’a dédicacé son dernier recueil الحدائق ليست داءما على صواب. je m’en suis délecté durant le week-end.
Dans sa dédicace, Si Abdelhadi a rappelé ses nuits blanches, à attendre les exploits de nos athlètes, dont il est fan. Les mots de l’auteur rappellent la fierté, toute la fierté de chacun et chacune, parité oblige, à chacun des exploits de notre jeunesse sportive.
Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

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