30 ans de prison pour avoir laissé son bébé mourir de faim

30 ans de prison pour avoir laissé son bébé mourir de faim

670
0
PARTAGER

La cour d’assises de Liège a condamné vendredi après-midi Jacqueline Romarin à une peine de 30 ans de prison. Cette Sérésienne de 44 ans avait été déclarée coupable de l’assassinat de son garçon âgé de 21 mois qu’elle avait volontairement privé de nourriture dans le but de le faire lentement succomber.

Emmanuel Romarin était décédé la nuit du 7 au 8 avril 2008 au domicile de ses parents à Angleur. Il était mort de déshydratation et de malnutrition. Jacqueline Romarin s’était désintéressée de lui et avait prémédité son décès en arrêtant de le nourrir.

Jacqueline Romarin a été déclarée coupable d’assassinat. Les jurés ont motivé leur verdict de culpabilité en relevant que le père de l’enfant, Joël Quoirin, décédé en décembre 2014, n’était pas très présent dans sa famille aux côtés de Jacqueline Romarin. Le couple s’était retrouvé confronté à une grossesse non prévue et non désirée. Après trois garçons, il aurait préféré donner naissance à une fille.

Le jury a souligné que Jacqueline Romarin était dépassée par les tâches ménagères et qu’elle avait refusé l’aide de l’ONE. Dès la naissance d’Emmanuel Romarin, SOS Familles avait fait part du désintérêt de cette mère pour son bébé, dont l’existence a été largement cachée. Jacqueline Romarin avait marqué son accord pour un suivi par les services sociaux. Mais elle n’avait pas été assidue dans ce suivi et avait refusé toute contrainte d’une autorité. Elle avait préféré fréquenter les débits de boissons plutôt que de donner des soins à son enfant.

En avril 2007, Jacqueline Romarin avait décidé de restreindre l’alimentation de son enfant pour le faire partir en douceur. Les jurés ont souligné, comme l’avait fait la chambre des mises en accusation, qu’il existait des négligences dans le chef des différentes institutions sociales. Mais il n’existait pas de lien causal entre ces négligences et la mort de l’enfant.

Jacqueline Romarin avait multiplié les comportements destinés à tromper les institutions sociales. Ce comportement confirme le caractère prémédité de l’homicide volontaire. L’enfant est mort d’une malnutrition évidente. Des lésions musculaires ont démontré la longueur du processus qui lui a été infligé.

Après le verdict de culpabilité, l’avocat général Pascale Schils avait requis contre Jacqueline Romarin une peine qui ne soit pas inférieure à 20 ans d’emprisonnement. Finalement, le jury et la Cour l’ont condamnée à une peine de 30 ans de prison.

Commentaires