A Bruxelles, un juge met une directrice de prison aux arrêts

A Bruxelles, un juge met une directrice de prison aux arrêts

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Le juge Wim De Troy enquêtait sur un trafic de drogue et voulait interroger une « mule », à savoir un passeur ayant avalé des boulettes de stupéfiants pour tenter d’échapper aux contrôles. Exigeant de pouvoir pénétrer avec son véhicule personnel dans l’enceinte de l’établissement, le magistrat s’est vu objecter que l’accès était, pour des raisons de sécurité, réservé aux fourgons cellulaires, qui font l’objet de contrôles préalables. A l’issue d’une dispute, le magistrat a ordonné aux policiers qui l’accompagnaient de procéder à trois arrestations. Il a estimé que le personnel tentait de faire obstruction à son enquête.

Dans la soirée, M. De Troy a appelé la police fédérale de l’aéroport de Zaventem, où la directrice avait été transférée pour être interrogée : le personnel en colère de la prison menaçait d’empêcher le juge de sortir. Les dirigeants de l’établissement pénitentiaire ont finalement pu regagner Saint-Gilles vers 21 heures.

INCIDENT TRÈS INHABITUEL

Informé de cet incident très inhabituel, le ministre de la justice, Stefaan De Clerck, a évoqué le comportement « excessif » du juge, qui aurait, selon lui, enfreint les règles de sécurité. « Je ne vais pas en rester là », a indiqué le ministre, précisant qu’il allait réclamer une « réaction appropriée » à la hiérarchie du parquet de Bruxelles. Un porte-parole de ce dernier s’est refusé à tout commentaire.

Le personnel de Saint-Gilles ainsi que de Forest, une autre prison bruxelloise, évoquait « du jamais vu » dans le chef d’un magistrat. « Il s’est rendu coupable d’une forme flagrante d’abus de pouvoir », affirme le syndicat chrétien flamand ACV. Le syndicat policier Sypol estime que M. De Troy a mis en péril la surveillance de l’établissement.

Le magistrat instructeur s’est fait connaître du grand public par une autre opération spectaculaire, « Calice », concernant des affaires de pédophilie au sein de l’église belge. Il avait, en octobre dernier, ordonné des perquisitions à l’archevêché de Malines-Bruxelles, au domicile privé de Mgr Gottfried Danneels, l’ancien chef de l’église belge, et à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines où, pensait-il, des documents avaient pu être dissimulés dans un caveau.

 

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