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Grâce à de nombreuses initiatives, la ville devrait recycler ou composter 100% de ses déchets d’ici à 2020. Un pari ambitieux que des communes françaises tentent de reproduire. Retour sur le parcours de cette ville pionnière, en partenariat avec France Inter.

Les États-Unis font rarement figure de modèle en matière de préservation de l’environnement. Pourtant, une ville est souvent citée en exemple. Il s’agit de San Francisco. La deuxième ville la plus densément peuplée des Etats-Unis après New-York a mis en place un programme ambitieux de gestion de ses déchets.

Au pays de la surconsommation, où un Américain jette en moyenne 2,2 kg de déchets par jour, les détritus deviennent un véritable fléau. En plus de la pollution produite par leur destruction, les grandes villes n’ont plus la place de construire déchetteries et centres d’incinération. San Francisco a donc décidé de lutter contre ce problème dès le début des années 2000.

Elle est ainsi devenue, en quelques années, un modèle à suivre avec 80% de ses déchets aujourd’hui recyclés ou compostés. Ainsi, les responsables politiques du monde entier – notamment Mao Peninou, l’adjoint au maire de Paris – se pressent pour visiter, non pas le Golden Gates ou la Silicon Valley mais le Pier 96, le plus grand centre de recyclage de la planète. Ce hangar maritime, temple du tri, a créé 178 emplois. Le business du «zéro déchet» compte désormais ses courtiers, ses analystes et autres lobbyistes. Parallèlement, les 650 tonnes du riche compost produit quotidiennement sont vendus aux fermes de la région et viennent notamment fertiliser les terres de la Napa Valley et de ses célèbres vignobles.

Une fiscalité incitative

Tout a commencé par les 4500 restaurants et hôtels de la cité de 850.000 habitants. Tous disposent de trois poubelles: la verte pour le compost, la bleue pour les déchets recyclables et la noire pour le reste (polyester, vaisselle…).

Ces trois couleurs se sont ensuite ancrées dans le quotidien des habitants de San Francisco. Pour les inciter à franchir le pas, la mairie a fourni les contenants. Elle a également adapté la facture à la taille de la poubelle: la collecte de la poubelle noire est facturée 25 dollars pour 120 litres alors que les poubelles vertes et bleues, destinées au compost et aux matières recyclables, ne coûtent que 2 dollars par mois.

La ville a franchi un nouveau pas en ciblant le secteur de la construction en 2006. Les travaux publics de la municipalité sont réalisés avec des matériaux récupérés et les entreprises doivent recycler 65% de leur débris, sous peine de payer une amende.

Cette année, la ville est allée encore plus loin en interdisant deux éléments impossibles à recycler: le polystyrène et les sacs en plastique. Les petites bouteilles en plastiques sont, en outre, interdites à la vente dans les lieux publics.

Des pratiques aussi appliquées en France

La ville sait qu’elle peut aller encore plus loin et vise 100% de déchets recyclés d’ici 2020. A l’image de la «papesse» du zéro déchet, Béa Johnson, auteur du best seller «Zéro déchet» qui vit à San Francisco. L’idole des «zero wasters», une Française originaire d’Avignon, mère de deux enfants, est parvenue à ne produire qu’un bocal d’un litre d’ordures non recyclables en un an pour toute la famille…

Et ce succès s’exporte. En France, plusieurs villes ont appliqué certaines mesures de la cité américaine. En plus de l’interdiction des sacs plastiques, Besançon par exemple a adopté la tarification incitative, c’est-à-dire une facture pour les ordures ménagères basée sur le poids des déchets. Ainsi, aujourd’hui la ville compte 100 Kg d’ordures par habitant et par an, contre 300 kg en moyenne pour une ville de cette taille en France. «Nous nous inspirons des mesures prises par la ville de San Francisco, on essaie de diffuser ces bonnes pratiques», souligne Laura Chatel de Zéro Waste France.

 

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