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Accusé d’être impliqué dans une affaire de corruption, le président malien attaque le journal Le Monde en justice

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Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement malien, Mahamane Baby, estime que cet article « vise à salir l’honneur d’un homme, Ibrahim Boubacar Keita, dont les valeurs d’intégrité et de rigueur morale n’ont jamais été remises en cause ».

« C’est pourquoi, ayant pris toute la mesure de cet article, le chef de l’Etat a pris l’attache d’avocats maliens et francais afin d’étudier toutes les suites judiciaires possibles y compris en terme de mesures urgentes et à titre conservatoire », dit-il.

Sous le titre « La justice sur les traces du parrain des parrains », Le Monde a écrit vendredi sur son site internet que plusieurs chefs d’Etat africains étaient impliqués dans le ‘système Tomi' ».

Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2013 par le parquet de Paris pour blanchiment aggravé en bande organisée, abus de biens sociaux et faux en écriture privée, dit-on de source judiciaire. Deux juges enquêtent sur Michel Tomi, 68 ans, qui est à la tête d’un empire industriel, soupçonné de blanchir en France une partie de l’argent gagné en Afrique et de financer des présidents africains.

Selon Le Monde, les magistrats ont demandé ce mois-ci un réquisitoire supplétif au parquet afin d’étendre leurs investigations à des faits de « corruption d’agent public étranger ».

Ce réquisitoire vise Ibrahim Boubacar Keita, dit « IBK », président du Mali depuis septembre 2013 et activement soutenu par la France, ajoute le quotidien.

L’enquête aurait débuté en 2011 dans le prolongement de l’affaire sur la tentative de prise de contrôle du cercle de jeux parisien Wagram. Trois suspects auraient trouvé refuge en Afrique, conduisant les policiers à enquêter sur Michel Tomi.

Joint par Reuters, Me Lionel Moroni, l’avocat de l’homme d’affaires, a assuré que ni lui, ni son client n’avaient été tenus au courant d’une éventuelle information en cours.

« On attend d’être convoqués pour s’expliquer », a-t-il dit, précisant que Michel Tomi n’avait plus aucun intérêt en France depuis plus de dix ans. « Sa vie est en Afrique, je ne vois pas comment on peut lui reprocher un blanchiment en France ».

 

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