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le Mouvement du 20 fĂ©vrier fĂȘte son premier anniversaire

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Le Mouvement du 20 fĂ©vrier a fĂȘtĂ© ce dimanche son premier anniversaire au Maroc. InvitĂ© Ă  dialoguer avec le gouvernement, il n'a pour l'instant pas rĂ©pondu positivement par crainte d'une manipulation du Makhzen.


On le dit essoufflĂ© et en perte de vitesse mais il est encore loin d'abandonner son combat et semble s'inscrire durablement dans le paysage politique marocain. Le Mouvement du 20 fĂ©vrier (M20) a fĂȘtĂ© dimanche son premier anniversaire avec des rassemblements dans quelques unes des plus grandes villes du Maroc.

Comme Ă  Casablanca, oĂč les militants Ă©taient rassemblĂ©es sur la grande place des Nations unies, les slogans rĂ©clamaient « la fin de la corruption », mais aussi l'obtention de plus de « libertĂ© », de justice sociale et de dĂ©mocratie dans le royaume, en dĂ©pit d'une rĂ©forme constitutionnelle intervenue en juillet 2011 et de l'Ă©tablissement d'un gouvernement islamiste sorti des urnes.

Le ministÚre de l'Intérieur n'a compté que 150 manifestants à Casablanca, la deuxiÚme ville du pays, mais le correspondant de l'AFP en a dénombré quelque 2 000. Un rapport de plus de un à dix qui donne une fourchette possible pour évaluer l'ampleur du mouvement au Maroc : pour le gouvernement, les manifestants n'étaient qu'un millier dans tout le pays.

Contre-manifestation Ă  Rabat

Dans le centre-ville de Rabat, ils Ă©taient encore un millier – en comptant les chĂŽmeurs et les badauds - Ă  s'ĂȘtre rassemblĂ©s. En mĂȘme temps, un groupe de contre-manifestants tenant des portraits du roi Mohammed VI manifestait un peu plus loin devant le Parlement.

Le M20 est une coalition d'activistes, d'Ă©tudiants et de travailleurs. Il a perdu un grand nombre de militants lorsque l'association islamiste Justice et bienfaisance a claquĂ© la porte du mouvement en dĂ©cembre. « Nous prĂ©fĂ©rons ĂȘtre 200 avec des revendications prĂ©cises et claires plutĂŽt que des dizaines de milliers porteurs de messages ambigus », a indiquĂ© Ahmad Mediany un des responsables du mouvement Ă  Casablanca.

« Le 20 février a joué un grand rÎle dans les réformes au Maroc », a reconnu Saadeddine El Othmani, le ministre des affaires étrangÚres qui est ausi l'un des dirigeants du Parti justice et développement (PJD, islamiste, au pouvoir), dans une déclaration au site internet Goud.ma. Le nouveau gouvernement de Abdelillah Benkirane a appelé au « dialogue au plus tÎt » avec le M20, mais celui-ci n'a toujours pas répondu favorablement, sans doute dans la crainte d'une manipulation.

Nouveau "contrat social"


« Il ne s'agit pas de savoir si le gouvernement doit dialoguer avec le M20 car ce n'est pas un parti avec des organes de dĂ©cision. C'est un mouvement de contestation qui veut la justice sociale dans un pays oĂč les inĂ©galitĂ©s sont criantes », estime un sympathisant du mouvement, Omar Balafrej, prĂ©sident de la Fondation Abderrahim Bouabid, un « think tank » marocain pour la dĂ©mocratie.

Selon lui, « le gouvernement serait bien avisé de prendre l'initiative d'ouvrir un vaste débat pour un nouveau "contrat social" avant qu'il ne soit trop tard. Il y a des villes aujourd'hui qui connaissent des tensions profondes » liées au chÎmage et aux difficiles conditions de vie. En outre, l'émergence du Mouvement de contestation a brisé de nombreux tabous en libérant la parole et en la portant dans la rue.

(Avec AFP) _______________________

 

 

 

 

 

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