Affichage urbain : une anarchie générale

Affichage urbain : une anarchie générale

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Un rappel historique s’impose :  le Maroc, pays touristique par excellence riche au niveau de son patrimoine avec ses belles murailles, ses monuments historiques, ses édifices religieux …était épargné jusqu’à la fin des années 90 par l’affichage publicitaire et ses laideurs, principalement dans les villes impériales au grand bonheur des visiteurs nationaux et étrangers qui pouvaient apprécier toute cette richesse à l’état pur sans risque d’agression visuelle. Depuis, ce ne sont que spectacles désolants d’alignements de grands panneaux puisque l’ancien code de bonne conduite qui régissait ce secteur.

 

Dans tous les quartiers des villes marocaines, même parmi les plus reculées, la pub a envahi tous les quartiers, rues et artères, places et médinas, occupant la moindre parcelle de terrain pour terminer sur les terrasses d’immeubles et sur les façades d’immeubles. Gageons qu’avec autant d’images envahissantes, autant de démesure, le passant ou l’automobiliste désorienté par ce tsunami publicitaire ne sait plus se laisser accrocher par telle ou telle promotion, tel ou tel produit ce qui devrait, en principe donner à réfléchir aux annonceurs qui confient ainsi leur image sans être sûrs ni du feed-back de leur investissement ni de l’impact réel de leurs campagnes promotionnelles ou de notoriété pour leurs produits.

Outre le gâchis aux niveaux urbanistique, environnemental et outre les abus au niveau de l’occupation indue de l’espace public avec de nombreux risques pour l’intégrité des citoyens; il faut savoir que ce secteur a prospéré dans une illégalité totale du fait de l’ignorance, du laisser-aller et de la complaisance d’élus sans scrupules. La gestion de l’occupation du domaine public est une affaire très sérieuse pour la confier à des responsables incultes, puisqu’elle touche à l’esthétique de nos villes à l’harmonie de nos paysages urbains et puisqu’elle doit faire l’objet d’études approfondies confiées à des spécialistes.

De plus et jusqu’à une date récente et même aujourd’hui dans certaines villes, il n’est pas acquis que les redevances sont réellement réglées avec régularité et de manière équitable, tellement cette anarchie et cette opacité sont généralisées et coutumières dans ce secteur, tellement les enjeux financiers sont considérables, tellement les opérateurs de l’affichage se sont démultipliés. Aujourd’hui, il semble impossible d’envisager un retour en arrière pour rendre à nos villes, une âme.

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