Afrique du Sud : l’ANC en congrès après une année chaotique

Afrique du Sud : l’ANC en congrès après une année chaotique

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L’année du centenaire de l’ANC devait être une année de commémorations et de fêtes. Elle a d’ailleurs commencé avec des danses, des dîners de gala et des chants. Mais à Bloemfontein, ce sont d’autres chants qui pourraient retentir dans la salle où se réunissent les délégués du parti. Des chants plus partisans : ceux qui soutiennent Jacob Zuma d’un côté, ceux qui veulent Kgalema Motlanthe pour président de l’autre.

Et l’année qui vient de s’écouler a ressemblé à tout sauf à une année de célébrations. Les manifestations se sont multipliées dans les quartiers les plus pauvres, pour avoir l’eau courante, l’électricité, du travail. A Marikana, en août dernier, la police a abattu 34 personnes quand elle a ouvert le feu sur des mineurs en grève. Cette tuerie policière reste la plus meurtrière de l’Afrique du Sud post-apartheid. Elle a choqué le pays, et le monde entier.

Les investisseurs économiques sont inquiets. Les réformes économiques sont jugées illisibles et les agences de notation ont abaissé la note du pays. Celui-ci reste par ailleurs l’un des plus inégalitaires au monde. Une famille noire gagne toujours en moyenne six fois moins qu’un ménage blanc. Les Noirs restent beaucoup plus frappés par le chômage que les Blancs (28,7 % contre 5,7 %) et 62 % d’entre eux vivent encore sous le seuil de pauvreté, près de vingt ans après l’avènement de la démocratie.

Enfin, les semaines qui ont précédé la conférence ont été émaillées de violences et de soupçons de fraudes, dans la province du nord-ouest notamment, où les accusations d’électeurs fantômes se sont multipliées. Dans cette même province, un membre de l’ANC a été tué cette semaine et le secrétaire général du parti a échappé de peu à une tentative d’assassinat voilà deux semaines.

Le président Jacob Zuma lui-même a fait les gros titres de la presse avec sa résidence privée de Nkandla, rénovée au frais du contribuable pour 248 millions de rands, soit environ 22 millions d’euros. Cela ne devrait pas l’empêcher d’être réélu. Il part largement favori face à son adversaire, l’actuel vice-président Kgalema Motlanthe.

 

rfi.fr_____________

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