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Le gouvernement algérien a ordonné lundi la fermeture de la chaîne de télévision privée El Watan TV sur laquelle
Madani Mezrag, chef de l’Armée islamique du salut, avait tenu des propos contre le président Abdelaziz Bouteflika, a annoncé le ministère de la Communication.

La chaîne El Watan TV, qui émet depuis Chypre et dont le siège est à Londres, va déposer un référé devant la justice pour obtenir l’annulation de la décision, a déclaré à l’AFP son patron Djafar Chelli.

Les locaux de la chaîne El Watan TV, qui emploie 170 personnes, ont été fermés et ses équipements mis sous scellés, selon M. Chelli

Merzag avait récemment réagi sur cette chaîne au rejet par Abdelaziz Bouteflika de son projet de créer un parti politique. « S’il (le président Bouteflika) ne revoit pas sa position, il va entendre de moi ce qu’il n’a jamais entendu auparavant », avait prévenu M. Mezrag dans une interview diffusée le 3 octobre.

Madani Mezrag avait conclu une trêve en 1997 avec l’armée et des milliers de membres de l’AIS avaient déposé les armes. Ils avaient ensuite été amnistiés dans le cadre de la « Charte de la paix et de la réconciliation », adoptée en septembre 2005.

« Le ministre de la Communication (Hamid Grine) a demandé au wali (préfet) d’Alger de procéder à la fermeture de la chaîne El Watan TV pour +propos subversifs et atteinte au symbole de l’Etat+ », a déclaré à l’AFP une source au ministère de la Communication.

« Ils n’ont absolument aucune honte. Ils (les autorités) ont invité Madani Mezrag à la Présidence pour dialoguer avec lui autour de la révision constitutionnelle et ils nous demandent pourquoi nous avons parlé avec lui ! Malheureusement, nous avons un système dictatorial », a indiqué le patron d’El Watan.

El Watan TV est la deuxième chaîne à être fermée depuis l’ouverture du champ audiovisuel au privé il y a 4 ans. Le 12 mars 2014, en pleine campagne présidentielle, les autorités avaient déjà décidé la fermeture de Atlas TV.

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