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Plusieurs partis politiques algériens ont accusé le pouvoir d’être responsable des affrontements communautaires meurtriers qui ont fait au moins 22 morts et des dizaines de blessés ces deux derniers jours à Ghardaia (600 km au sud d’Alger).

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition) soutient que cette terrible tragédie renseigne, une fois de plus, sur « l’incurie et l’incompétence notoires » d’un système en perte de vitesse et qui mène « inexorablement le pays à une véritable impasse institutionnelle et à un incontestable chaos ».

Dans un communiqué, le RCD pointe du doigt « la vacance du pouvoir, la déliquescence des institutions et une véritable faillite de l’Etat », mettant en garde contre la dégradation du moral des forces de sécurité présentes sur place « induite par les mauvaises conditions de travail et l’absence de perspectives quant à un règlement durable du conflit ».

Pour sa part, le parti Talaiou El Houriyet de l’ancien premier ministre Ali Benflis fait remarquer que la véritable tragédie qui prévaut Ghardaïa est à mettre au compte de la vacance du pouvoir, de « l’illégitimité » des institutions, de leur absence de crédibilité et de la perte de confiance dont elles sont l’objet de la part des citoyens de la région.

Si le Parti des travailleurs a appelé le gouvernement à revoir sa politique concernant la situation à Ghardaïa, le Mouvement de la société pour la paix qualifie d' »inconcevable la persistance d’affrontements meurtriers pendant de longues heures entre Algériens sans l’intervention des services de sécurité ».

La reprise de ces heurts intervient quelques jours après la mise en place d’une commission interministérielle chargée de l’examen des voies et moyens pour consolider la maitrise de la situation dans la région de Ghardaïa.

La situation sécuritaire dans la région s’est nettement dégradée depuis la visite, vendredi dernier, du nouveau ministre de l’intérieur qui a accusé « des parties tendancieuses » de vouloir semer la division parmi les populations de cette wilaya.

En dépit de nombreuses initiatives entreprises par le gouvernement, la région Ghardaïa s’est transformée en un foyer de tension permanent, mettant en péril la stabilité de tout le pays sur fond d’accusations aux forces de l’ordre de comportements discriminatoires envers les Amazighs.

Les heurts ethniques entre Mouzabites amazighophones, de rite ibadite, et les Chaâmbas, des arabes malékites, ont fait des dizaines de victimes depuis décembre 2013, outre l’incendie et la destruction des centaines de maisons et de magasins

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