Algérie: deuxième décès par immolation par le feu

Algérie: deuxième décès par immolation par le feu

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Mohcin Bouterfif est mort des suites de ses brûlures, a indiqué à l’AFP Mohamed Salah Boudjelakh, anesthésiste-réanimateur au service des grands brûlés de l’hôpital d’Annaba où il avait été admis après s’être aspergé d’essence et y avoir mis le feu devant la mairie de la ville minière de Boukhadra, à l’est de Tebessa.

 

La victime, père d’une fillette, à la recherche d’un emploi et d’un logement, entendait par ce geste désespéré « dénoncer l’attitude de mépris affichée à son égard par les élus » de la commune de Boukhadra.

Mohcin Bouterfif doit être inhumé dans la localité de Boukhadra, d’ou il est originaire, selon ses proches.
Il s’agit du deuxième décès par immolation enregistré en Algérie depuis la mi-janvier
Karim Bendim, célibataire et souffrant de troubles mentaux, avait succombé samedi à ses blessures à l’hôpital de Douéra à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger, où il avait été admis après avoir tenté pour des raisons inconnues de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu devant la mairie de Dellys, à 70 km à l’est d’Alger.

Six autres tentatives de suicide par le feu ont été également enregistrées en Algérie depuis le 12 janvier.

Ces tentatives d’immolation sont intervenues après un retour au calme en Algérie, secouée du 6 au 9 janvier par des émeutes contre la cherté de la vie, émeutes qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés.

Le mouvement était en partie motivé par la flambée des prix des produits de première nécessité, dont l’huile et le sucre.
Le gouvernement avait alors ordonné une baisse des prix des aliments de base et affirmé qu’il continuerait à subventionner le blé, le lait et l’électricité notamment.
En Tunisie, le 17 décembre, un jeune homme à qui les autorités avaient refusé un permis pour vendre dans la rue ses fruits et légumes avait mis fin à ses jours en s’immolant par le feu.
Sa mort a marqué le début d’une révolte populaire qui a contraint à l’exil le président tunisien Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans.

En Algérie, une manifestation « pour la démocratie » empêchée par la police a fait plusieurs blessés samedi en plein centre d’Alger, 19 selon la police et 42 selon l’opposition organisatrice du mouvement interdit.

Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), avait indiqué par téléphone à l’AFP qu' »il y a eu 42 blessés, dont deux grièvement, tous hospitalisés, et de nombreuses interpellations » devant le siège de son parti où ses partisans avaient rendez-vous avant une marche prévue sur le Parlement.

Selon le ministère de l’Intérieur, 19 personnes ont été blessées, dont 11 manifestants et passants et huit policiers. Deux de ces derniers sont dans un état grave, a-t-il précisé dans un communiqué publié par l’agence APS.

AFP

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