Algérie: la presse s’alarme de la chute des prix du pétrole

Algérie: la presse s’alarme de la chute des prix du pétrole

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Selon le quotidien « El Watan », plus gros tirage du pays, « une baisse constante des cours du brut mettrait sérieusement à mal la résilience de la position financière externe de l’Algérie aux chocs et menacerait sérieusement la viabilité des finances publiques malmenées par la hausse crescendo des dépenses de l’Etat ». En cas de persistance des prix au-dessous de la barre des 100 dollars, renchérit le journal arabophone +El Khabar+, les équilibres économiques de l’Algérie « en subiront le contrecoup », d’autant que le déficit budgétaire prévisionnel pour 2015 dépasse les 46 milliards de dollars, ce qui aura comme conséquence des « prélèvements substantiels » sur le Fonds de régulation des recettes (FRR), dont les rentrées ont stagné en 2014 à cause de la hausse des dépenses publiques. A ce propos, +El Watan+ explique qu’à mesure que la production et les exportations d’hydrocarbures déclinent, les revenus de l’Etat « se réduisent, ainsi que les values à verser au FRR », une sorte de « matelas financier » servant à pallier tout choc issu du retournement du marché à court terme. Mais, poursuit-il, « dès lors que la hausse continue des dépenses budgétaires alimente le déficit du Trésor, lequel augmente ses prélèvements d’année en année sur les ressources du FRR, le bas de laine s’amenuise ». A en croire le quotidien +Al-Mihwar Al-Yawmy+, le Premier ministre Abdelmalek Sellal réunira son équipe économique pour examiner « les éventuelle répercussions néfastes de l’effondrement des prix du pétrole sur le budget général et les grands projets de développements initiés par l’Etat ». « Il va falloir réapprendre à serrer la ceinture ( ) Le prix du baril est même descendu au-dessous de la barre symbolique des 100 dollars, niveau au-dessous duquel le Fonds monétaire international qui, comme chacun s’en doute, sait de quoi il parle, considère l’économie algérienne +en danger+ », écrit le célèbre chroniqueur Mohammed Benchicou sur le site électronique +TSA+. Entre juin et août derniers, le Sahara blend, le brut de référence algérien, a perdu près de 12 dollars de sa valeur pour se situer à 100,86 dollars le baril, poussant la presse locale à parler d’un « coup de semonce » pour l’économie nationale. Le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a fait état, à nouveau, de prévisions peu reluisantes pour la demande mondiale d’ici fin 2014 et l’année prochaine. Dans son dernier examen annuel de l’état de l’économie algérienne, le Fonds monétaire international avait relevé la « vulnérabilité » du pays aux développements du secteur des hydrocarbures, puisque « le déclin de la production, combiné à une hausse de la consommation interne, mettent sous pression le volume des exportations et aggravent ainsi le risque persistant d’une baisse des cours de pétrole ». Disposant de 12 milliards de barils de pétrole et de 4.000 milliards de m3 de gaz, l’Algérie ne devrait pas être en mesure à l’avenir de maintenir ses volumes d’exportation actuels, à cause d’une demande locale galopante encouragée par les bas prix à la pompe à coups de subventions.

 

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