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La ville algérienne de Bejaia a renoué mardi en fin d’après-midi avec les protestations contre la loi de finances d’austérité adoptée par le gouvernement pour faire face à la crise pétrolière, au moment où la grogne populaire a touché d’autres villes de la Kabylie.

Dans la région de Akbou à Bejaia, les manifestants ont incendié le siège de l’inspection locale des impôts et saccagé une agence de la société nationale d’électricité et le tribunal, rapporte l’agence APS.

Dans la wilaya voisine de Bouira, la grogne populaire a touché les régions de Bechloul, Ahnif, Saharidj où les commerces étaient tous fermés. Les manifestants ont également coupé l’autoroute Est-Ouest au niveau d’El Asnam, provoquant une interruption de la circulation.

Non loin de la capitale, à Boumerdes, le mouvement de grève déclenché pour protester contre la pression fiscale de la loi de finances s’est poursuivi dans plusieurs communes.

Rompant le silence des autorités sur ces événements, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Nouredine Bedoui, a menacé que « tous ceux qui tentent de porter atteinte aux biens publics et privés trouveront face à eux les institutions de la République », agitant de nouveau la thèse d’implication de « certains milieux » qui exploitent des « relais locaux pour semer le trouble et le désordre ».

Ces émeutes ont éclaté en signe de protestation contre le renchérissement des produits de consommation et les retombées des dispositions fiscales de la loi de finances 2017, tout juste entrée en application.

Pour juguler le déficit budgétaire et alimenter les caisses de l’État qui sont en train de se vider, le gouvernement algérien n’a pas trouvé mieux que de retourner aux ménages pour les soumettre à une sévère cure d’austérité, affectant ainsi leur pouvoir d’achat.

La Loi de finances 2017 renferme de nombreuses augmentations de taxes et d’impôts dont la Taxe sur la valeur ajoutée qui passe de 17 à 19 %. La taxe sur les produits pétroliers est également révisée en hausse, provoquant une hausse des prix des carburants.

Le texte a suscité une levée de boucliers au sein de l’opposition et beaucoup d’appréhensions au sein de la société, contraignant le Premier ministre à s’exprimer pour rassurer les Algériens.

Abdelmalek Sellal a réaffirmé que l’austérité « n’était pas à l’ordre du jour et qu’il s’agit plutôt de rigueur ».

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