Algérie: l’Etat reprend la main, la vie se normalise après les émeutes

Algérie: l’Etat reprend la main, la vie se normalise après les émeutes

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Les commerces ont également ouvert leurs portes dans l’ensemble du pays lundi tous comme les écoles, bien que certaines d’entre elles ont subi d’importants dégâts, selon plusieurs témoignages, après ces incidents qui ont fait cinq morts, 800 blessés et conduit à plus d’un millier d’arrestations.

 

Le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia a déclaré dimanche à l’AFP que « la page était tournée », en dépit de la persistance de quelques incidents épars dans le pays.

Après cinq jours d’émeutes, les autorités ont « commencé à réparer ce qui est réparable, en priorité les écoles et tous les établissements publics », a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur, jugeant que les dégâts provoqués par les manifestants sont « immenses ».

Selon la presse lundi, quelque 70 institutions scolaires ont été endommagées. Toutefois, la reprise « normale » des cours a pu se faire dès dimanche, selon une source du ministère de l’Education citée par El Watan.

De nombreux bâtiments officiels ont été saccagés, sinon incendiés mais le bilan de ces destructions n’est pas encore connu, tandis que de nombreux commerces ont été pillés.

Les casseurs ont toutefois commencé à rencontrer de la résistance parmi la population, selon de nombreux témoignages, et l’un des cinq morts a été un homme de 36 ans tué par balle alors qu’il tentait de protéger le dépôt de boissons alcoolisées de son père à Tiaret, à 340 km à l’ouest d’Alger.

Les arrestations se sont poursuivies dimanche atteignant le chiffre de 1.100, selon des sources officielles.

Les adolescents devaient être rapidement libérés et leurs parents convoqués. Les plus âgés risquent jusqu’à deux ans de prison s’ils sont coupables d' »atteinte à l’ordre public, vol et destruction de biens publics et privés », selon le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, Noureddine Benyessad.

Dans la foulée d’un conseil interministériel qui s’est engagé sur une baisse des prix, le ministre du Commerce Mustapha Benbada s’est réuni d’urgence dimanche avec les opérateurs économiques pour leur demander de réaliser au plus vite cette promesse.

Leurs discussions ont notamment débouché sur la fixation officielle des prix de deux produits phare: le sucre et l’huile. Le prix du kilo de sucre est dorénavant fixé à 90 dinars (DA, environ 0,90 euro), alors qu’il avait atteint au 1er janvier 120 à 140 DA, et le bidon de cinq litres d’huile à 600 DA (quelque 6 EUR) contre 900 à 1.000 en pleine flambée des prix.

Mais il faudra encore du temps avant que ces baisses ne se répercutent chez les détaillants qui affichaient lundi les mêmes prix élevés sur l’huile et le sucre, selon une rapide enquête de l’AFP.

« Nous avons presque écoulé la totalité de notre stock d’huile durant les quatre jours d’émeutes », a déclaré la patronne d’une supérette aux étals d’huile vides. « J’ai lu dans la presse que les prix vont baisser mais j’attends toujours de voir les tarifs que vont fixer les grossistes », a-t-elle précisé.

Pendant les émeutes, les approvisionnements ont en effet cessé, les transporteurs ayant eu peur d’être attaqués par les manifestants qui dénonçaient la vie chère.

En Algérie, pays très riche en hydrocarbures, le salaire minimum garanti est de 15.000 DA (environ 150 euros) mais la moyenne des salaires oscille autour de 25.000 DA, soit le prix d’un simple réfrigérateur ou le loyer d’un appartement de deux pièces à Alger.

AFP

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