Algérie: un opposant craint le « chaos général » après « la chute du système »

Algérie: un opposant craint le « chaos général » après « la chute du système »

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L’opposant Saïd Sadi, une figure emblématique de la classe politique algérienne, a déclaré craindre « un chaos général » dans son pays, car le règne de l’actuel régime « arrive à son terme ».

« Le pouvoir algérien est contesté de l’intérieur, discrédité à l’extérieur et surtout divisé. L’incertitude est totale », a estimé le fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), cité dimanche par la presse locale.

Il faut « amortir le choc qui sera créé par la chute du système, car le choc aura lieu de toute façon », a-t-il poursuivi, faisant état de « turbulences majeures à venir à court ou moyen terme » à cause des « insuffisances managériales » en Algérie.

A ce propos, l’opposant algérien s’est remémoré la volonté du défunt président Mohamed Boudiaf, assassiné en juin 1992, pour rapatrier les compétences nationales durant son règne de quelques mois.

« Le projet de Boudiaf n’a pas eu le temps d’apparaître. Faisons germer les graines qu’il a semées. L’émigration a une mission privilégiée dans cette récolte », a estimé M. Sadi, qui s’exprimait samedi devant un parterre de membres de la diaspora algérienne à Paris.

Un an après la réélection du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat d’affilée, le pouvoir algérien est éclaboussé par une série de scandales financiers mettant en cause des proches des cercles de décision, en plus de graves affaires de détournement de fonds publics en cours de jugement.

L’opposition politique maintient, depuis plusieurs mois, la pression sur le pouvoir, fragilisé par la cascade de scandales, le tarissement des ressources suite à la plongée du pétrole et la publication de rapports internationaux sur les violations des droits humains, dont le dernier en date est venu du Parlement européen.

Des députés de la même institution avaient appelé, dernièrement, à la suspension de l’octroi de l’aide humanitaire aux camps de Tindouf, pour cause de détournement des fonds par le Polisario avec la complicité des autorités algériennes.

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