Allemagne : le conflit social se durcit à l’aéroport de Francfort

Allemagne : le conflit social se durcit à l’aéroport de Francfort

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Le principal aéroport allemand – et le troisième d’Europe – sera-t-il bloqué mercredi 29 février entre 4H00 et 10H00 TU ? C’est le but recherché par le syndicat GdF, en conflit depuis une dizaine de jours avec Fraport, l’opérateur du site aéroportuaire. Les négociations entre les deux camps sont au point mort et GdF a prévenu qu’il était prêt à envisager « plusieurs semaines » de grève.

Fraport estime de son côté que GdF se comporte de manière « totalement irresponsable pour imposer des revendications exagérées  ». GdF exige des hausses de salaires et des primes couplées à une réduction du temps de travail, soit une amélioration de 50 à 70% des rémunérations, selon Fraport. Chiffrage que conteste le syndicat, qui estime que ses revendications reviennent à des hausses comprises entre 3 et 30%.

Jusqu’ici, la grève des quelque 200 contrôleurs et préparateurs au sol de l’aéroport de Francfort, qui gèrent les mouvements des avions sur le tarmac, n’a donné que des résultats mitigés. Fraport est en effet parvenu à assurer quotidiennement environ 80% des vols grâce à des contrôleurs à la retraite venus en renfort et des salariés formés spécialement, assistés par le personnel logistique de Lufthansa. Les liaisons intercontinentales n’ont pas ou très peu été affectées.

Le syndicat GdF entend donc passer la vitesse supérieure et paralyser complètement l’aéroport de Francfort mercredi matin avec une grève de «  solidarité » des aiguilleurs du ciel, eux aussi membres du syndicat.

Fraport exprime son inquiétude face à une telle extension de la grève : cela « causerait des perturbations massives du trafic aérien mondial et un énorme dommage financier ». Lufthansa, qui a son principal « hub » (plateforme de correspondance) à Francfort, perd déjà environ un million d’euros de chiffre d’affaires par jour de grève. Ce chiffre devrait grimper en flèche si les tours de contrôle cessent le travail.

C’est pourquoi le gestionnaire de l’aéroport et Lufthansa tentent d’empêcher le conflit de s’étendre en portant l’affaire en justice. Ils ont annoncé mardi avoir saisi en référé le tribunal du travail de Francfort. Herbert Mai, le directeur du personnel de Fraport estime qu’« il n’est pas possible que l’agence allemande de la sécurité aérienne (DFS), une société détenue à 100% par l’Etat fédéral et exerçant un monopole garanti par l’Etat, se rallie à un conflit salarial de droit privé. » Le responsable précise que « c’est en raison de la disproportion croissante de la grève que nous avons recours à des moyens juridiques sous la forme d’une injonction provisoire contre la grève de solidarité des aiguilleurs du ciel ».

rfi.fr_______________

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