Amendis, ce  » cauchemar  » des populations du nord, tente de se...

Amendis, ce  » cauchemar  » des populations du nord, tente de se réconcilier avec ses clients

178
0
PARTAGER

 

—Par Mustapha El Kadaoui—

 

Traitée de tous les noms d’oiseaux, et accusée à tort ou à raison de grever les budgets des ménages à cause des  » tarifs élevés « , cette société a été sujette à la  » vindicte populaire « , en particulier lors des manifestations du 20 février dernier, lorsqu’une horde de mécontents, profitant de cette situation, s’en est pris à cette société saccageant quatre de ses agences dont le siège principal, ainsi qu’une quinzaine de ses véhicules.

Et pourtant, à en croire les responsables de cette société, filiale du groupe Veolia Maroc, notamment son directeur général, Jean-Michel Tiberi, venu spécialement de Rabat pour présenter son nouveau plan d’action, sensé  » améliorer la qualité de service et à mieux satisfaire les attentes de la population « , cette tarification ne dépend pas d’elle, mais plutôt de l’autorité délégante à travers son comité de suivi.

M. Tiberi jure la main sur le cÂœur que sa société n’y est pour rien, au contraire, elle est là pour servir la population.

Quant à ses bénéfices, les 25 pc cent qui lui restent après avoir remis 75 pc de ses gains à l’Etat, servent, selon lui, à peine à couvrir les salaires et autres dépenses en plus des investissements réalisés ça et la. Alors de là à l’accuser de s’en mettre pleines les poches sur le dos des contribuables, il n’ ya qu’un pas que d’après cette société, les clients ont vite franchi.

Pour calmer les esprits, et dans une tentative de restaurer la confiance et redorer son blason, Amendis débarque à Tétouan avec un plan d’action, une opération de charme qui tourne autour de sept actions jugées prioritaires dont la mise en place d’une commission technique paritaire pour le traitement des réclamations, le renforcement des moyens de communications, la mise en place de compteurs électriques à prépaiement, le renforcement du réseau JIWAR accompagné de la gratuité de service, et le développement des moyens de paiement alternatifs et l’élargissement des horaires d’ouverture.

Autant de mesures que les responsables de cette société espèrent satisfaire la clientèle. Quant à une baisse des tarifs, le directeur général d’Amendis crie à qui veut l’entendre que cela ne dépend pas de lui mais d’une  » décision nationale « , se prononçant toutefois pour une révision de la grille tarifaire afin de redonner une visibilité à long terme.

Pour ce faire, il estime nécessaire d’accélérer le processus de révision du contrat entré en vigueur le 1er janvier 2002 pour une durée de 25 ans, une révision à laquelle avait appelé, le mois dernier à Paris, le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, M. Nizar Baraka. Ce dernier, tout en assurant qu’  » il n’a rien contre l’entreprise française « , a affirmé que ce contrat  » a atteint ses limites juridiques « .

Tout en affirmant avoir  » compris le message  » des protestataires, M. Tiberi, qui préfère plutôt parler de  » problème de compréhension « , juge nécessaire d’évoquer l’autre aspect qui échappe peut être à la population, trop préoccupée par les factures  » surréalistes « , à savoir les investissements réalisés par cette société dans la ville de Tétouan et les autres villes avoisinantes, et qui se sont de l’ordre de 2 milliards de DH depuis le début du contrat en 2002.

Parmi ces réalisations, figure la fameuse station d’épuration et de prétraitement des eaux usées à Martil qui permettra la dépollution de la ville, un problème dont souffrait la population, en particulier celle avoisinante à l’Oued Martil.

Cette station qui prétraitera, l’ensemble des eaux usées de la ville de Tétouan et des centres de M’diq, Martil et Cabo Négro, avant de les rejeter en mer via un émissaire, a nécessité un investissement de quelque 350 Millions de dirhams. Elle constitue ainsi l’une des infrastructures les plus importantes dans le programme d’assainissement de la région de Tétouan, et confirme, selon le responsable d’Amendis le rôle de  » moteur de développement  » que joue cette dernière dans la région.

Autre fait soulevé par Tiberi, est que la majorité de la population n’arrive pas encore à maitriser sa consommation d’électricité d’où cette impression qu’elle se fait arnaquer. Ceci dit, se faisant l’écho d’un journaliste, il ne comprend pas comment les gens peuvent se permettre une tasse de café quotidienne au café du coin, et des recharges sans limite du téléphone mobile, tout en rechignant à payer leur facture d’électricité, pourtant indispensable, voire vitale dans leur vie.

En attendant une éventuelle réconciliation entre Amendis et la population, cette dernière est invitée à moins fréquenter les cafés, à moins parler au téléphone et à mettre la main dans la poche, sans hésitation, à chaque fin du mois si elle souhaite rester  » éclairée « .

_____

 

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires