Amy Winehouse, le destin tragique d’une surdouée

Amy Winehouse, le destin tragique d’une surdouée

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En disparaissant brutalement avant d’atteindre l’âge de 28 ans, Amy Winehouse grossit la cohorte des rock-stars disparues prématurément, de Jimi Hendrix à Janis Joplin, en passant par Kurt Cobain et Ian Curtis. Une météorite de plus dont les frasques spectaculaires avaient ces derniers temps malheureusement éclipsé l’immense talent d’une chanteuse qui, la première, avait remis la soul des sixties au goût du jour en Angleterre, inspirant une lignée de chanteuses comme Duffy ou Adele. En une poignée d’années et en deux albums seulement, celle à qui on avait décerné le titre de diva soul a toutefois connu autant de hauts que de bas. Elle restera sans doute comme la descendante d’une lignée de chanteuses tragiques comme Billie Holiday ou Sarah Vaughan.

Née à Southgate, au nord de Londres, le 14 septembre 1983, elle grandit dans un foyer typique de la classe ouvrière. Son père est chauffeur de taxi et sa mère employée dans une pharmacie. La branche maternelle a une inclination pour le jazz depuis plusieurs générations. Les frères de sa mère sont tous musiciens professionnels. Un virus probablement transmis par leur mère qui fréquenta le jazzman anglais Ronnie Scott.

 

Révélée à 20 ans Outre-Manche

Plutôt que de suivre les dessins animés, la petite Amy passera son enfance à étudier les disques d’Ella Fizgerald, Dinah Washington et Frank Sinatra. A l’adolescence, elle découvre le hip-hop sous son versant féminin, incarné par les fortes têtes des Américaines de Salt-N-Pepa ou de TLC. Étudiante dans une école de théâtre, elle s’en échappe à l’âge de 16 ans pour honorer de premiers engagements musicaux, à la croisée du jazz, de la soul et du rap. À 20 ans, son premier album, Frank, la révèle outre-Manche. La critique britannique, pas réputée pour sa tendresse, salue l’audace avec laquelle cette nouvelle-venue brasse les styles. Et note au passage l’irruption d’un timbre singulier. Les récompenses pleuvent: nomination au Mercury Prize, Ivor Novello Award.

Toute l’Angleterre s’attache à cette grande perche au look étonnant, entre pin-up des années 1950 et jeune femme moderne. Piercing et tatouages côtoient une coupe de cheveux façon choucroute, et un maquillage outrancier. On la réclame partout. Pour supporter la pression, elle a de plus en plus souvent recours aux drogues, notamment l’alcool. En 2006, alors qu’elle prépare à grand-peine son deuxième album, son manager lui suggère d’entrer en cure de désintoxication. Elle écrit sur-le-champ «Rehab», chanson dans laquelle elle clame son refus de s’amender. Elle en fait ensuite le titre d’ouverture et le premier extrait tiré de Back to Black, qui sort à la fin de l’année.

C’est alors que sa voix déborde de la Grande-Bretagne pour déferler sur le reste du monde. En janvier 2007, elle illumine le Marché international du disque et de l’édition musicale (MIDEM) par une performance stupéfiante. Censée promouvoir son disque, elle coupe court aux interviews après une poignée de rendez-vous seulement. En quelques mois, l’album, concocté avec le malin Mark Ronson, qui gagne au passage ses galons de producteur à la mode, devient un classique. Dans le même temps, elle devient la cible favorite des tabloïds, avides de ses beuveries, de ses prises de drogue ou de ses disputes homériques avec son époux.
La descente en enfer

Les concerts sont de plus en plus approximatifs lorsqu’ils ne sont pas tout simplement annulés. Au Zénith de Paris, le 29 octobre 2007, magnifiquement accompagnés par des musiciens dignes des grandes revues soul, elle titube, chante hors micro, pose sa guitare en pleine chanson. Elle assure malgré tout une prestation vocale que beaucoup de chanteurs sobres aimeraient égaler… Elle devient toutefois rapidement incapable de se produire sur scène et annule les concerts à tour de bras. Deux apparitions au festival francilien Rock en Seine sont notamment supprimées. On la marie alors un temps avec Pete Doherty, lui-même dans un état de santé pitoyable. Peu à peu, Amy devient abonnée à la rubrique «fait divers» et suscite un voyeurisme à la hauteur de sa déchéance progressive. Sa consommation de stupéfiants l’empêche d’obtenir un visa pour retirer ses cinq Grammy Awards à Los Angeles.

Après une succession d’années noires, ses apparitions publiques depuis le début de l’année laissaient entrevoir un meilleur avenir pour elle. D’aucuns espéraient la parution d’un album de nouvelles chansons. Elle avait fait une apparition sur un album de Quincy Jones l’an passé et venait d’enregistrer un duo avec le légendaire Tony Bennett, à paraître en septembre prochain. Après avoir accepté d’entrer en cure de désintoxication, elle avait même entrepris une tournée européenne. Très rapidement, ses concerts chaotiques douchent les espoirs naissants. Une vidéo particulièrement pénible d’un concert à Belgrade le 18 juin dernier atteste de son incapacité à tenir la scène. Peu après, la tournée est tout simplement annulée, Winehouse s’excusant personnellement auprès de ses fans. Ils ne la reverront plus jamais.

HOMMAGE – Que représentait-elle pour vous ? Quel souvenir vous laissera-t-elle ? Quelle était votre chanson préférée ? Déposez votre message et rendez-lui hommage dans les commentaires.

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