André Azoulay souligne à Paris l’importance du dialogue interreligieux

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M. André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc, a mis l’accent sur l’importance du dialogue interreligieux pour lutter contre l’ostracisme et mettre en évidence les valeurs universelles, lors d’une conférence organisée mercredi soir au siège de l’UNESCO à Paris sous le thème « L’avenir du vivre ensemble face à la montée de l’extrémisme violent ».

André Azoulay souligne à Paris l'importance du dialogue interreligieux

Intervenant au cours de cette rencontre, initiée par le « Projet Aladin » pour le dialogue entre les cultures et les religions avec la participation de plusieurs personnalités d’Europe et du monde arabe, M. Azoulay a appelé les intellectuels et les représentants des différentes religions à « reconquérir la parole » en ce temps « d’archaïsme, de régression, de recul collectif, de fracture et de déni ».
« Le moment est venu pour que nous partions à la reconquête de cette parole dans sa diversité en ce qui s’agit de l’essentiel, c’est-à-dire de la dignité partagée, de l’égalité, de la liberté et de la capacité des religions à dialoguer », a-t-il souligné.

M. Azoulay, membre fondateur du Projet Aladin lancé sous le parrainage de l’UNESCO en 2009, a mis en exergue, dans ce sens, l’expérience de la ville d’Essaouira, qui accueille de nombreux événements culturels où judaïsme et islam se rencontrent et réfléchissent ensemble.

Le Conseiller du Roi Mohammed VI a aussi relevé l’importance de s’opposer à la prise en otage de l’islam par une infime minorité d’extrémistes. « Quelle escroquerie que de voir associer l’islam à la terreur et au sang », a-t-il dit, appelant l’Occident à résister aux tentations d’amalgame et à s’ouvrir aux voix de la sagesse provenant du monde arabe.

De son côté, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a indiqué que cette conférence, vise à sensibiliser sur le phénomène d’extrémisme et relever l’importance de s’unir contre la violence et le terrorisme.

« Il ne s’agit pas d’une guerre entre les religions ou les civilisations mais d’une confrontation entre ceux qui croient en la coexistence dans la diversité et ceux qui pensent le contraire », a affirmé Mme Bokova, estimant que la réponse à l’extrémisme violent se fait par le rejet de l’intolérance et de la haine.

Elle a également appelé à construire des alliances plus fortes entre médias, intellectuels et acteurs des sociétés de différentes cultures pour défendre le vivre ensemble et promouvoir les valeurs universelles notamment à travers l’éducation.


Mohamed Moussaoui

Pour sa part, le président de l’Union des mosquées de France (UMF), Mohamed Moussaoui, a mis l’accent sur la nécessité de combattre le radicalisme qui conduit à l’extrémisme violent, notant que l’UMF a lancé des « Etats Généraux contre le radicalisme » afin d’immuniser les jeunes contre ce phénomène en mettant la lumière sur les valeurs de l’islam, religion de tolérance et de juste milieu.
« Il est important de travailler à donner des clés pour comprendre le véritable islam », a-t-il ajouté, soulignant à cet égard la responsabilité des instances religieuses dans l’encadrement et la sensibilisation pour faire face aux discours extrémistes qui se propagent en particulier sur les réseaux sociaux.

M. Moussaoui a aussi affirmé que le dialogue interreligieux n’est plus une option mais une nécessité, critiquant, en outre, « les raccourcis et les amalgames » qui se développent en Occident et qui associent l’islam à la violence, en méconnaissance du véritable message de cette religion.

Cette rencontre a connu la participation de plusieurs personnalités d’Europe et du monde arabe, notamment l’ancien président mauritanien et membre du Comité de parrainage du Projet Aladin, Ely Ould Mohamed Vall, le président du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild, le directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens, Moché Lewin et Bariza Khiari, sénatrice de Paris et administratrice du Projet Aladin. Des hommes des médias et chercheurs du Moyen-Orient ont également pris part à cette conférence, dont Mansour Al-Nogaidan, directeur général du Centre Al-Mesbar pour les études et la recherche et Mohamed Al-Hammadi, rédacteur en chef du journal émirati Al-Ittihad.

Le Projet Aladin est une organisation internationale indépendante basée à Paris, menée par un conseil d’administration composé de vingt personnalités issues de différents pays et appartenant à toutes les religions et à toutes les cultures, mais toutes dédiées à la recherche du dialogue, de la compréhension mutuelle, de la justice et de la fraternité humaine.

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