Arsenal d’El Gueddafi : le cauchemar du Pentagone et de l’Algérie

Arsenal d’El Gueddafi : le cauchemar du Pentagone et de l’Algérie

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Des experts en sécurité soutiennent l’idée, en tout cas, que le soulèvement libyen peut même constituer sur le long terme une menace pour toute la région. Aujourd’hui la situation est d’autant plus préoccupante que les arsenaux de l’Est libyen qui regorgent de tout type d’armement sont, soutient-on, peu ou mal gardés, et que la rébellion n’apparaît pas en mesure de les prendre en charge.
A ce propos, un article assez bien documenté consacré vendredi par le New York Times à l’arsenal du Colonel El Gueddafi alerte sur le fait que «les armes pillées dans les stocks gouvernementaux pourraient être largement diffusées, y compris des missiles à tête chercheuse thermique susceptibles d’abattre des avions de ligne». Et le type de missiles qui aujourd’hui empêchent tant les responsables du Pentagone de dormir ne sont rien d’autres que les fameux SA-7 (les frère jumeaux du Stinger) que le colonel El Gueddafi a acquis par dizaines ces 30 dernières années et que ses opposants exhibent aujourd’hui fièrement devant les caméras de télévision.

D’après le quotidien américain, les analystes craignent tout particulièrement que des missiles à tête chercheuse thermique, les Manpads (systèmes antiaériens portables) tombent entre de mauvaises mains. Une telle éventualité pourrait d’ailleurs contraindre les avions civils à ne plus survoler l’Afrique du Nord de crainte de subir le même sort que celui du Boeing 737 d’Angolan Airways en 1983 ou celui encore du vol d’Air Rodhesia en 1979. Ces deux appareils avaient été abattus par des SA-7. «Le risque de voir ces engins atterrir chez des terroristes et des insurgés hors de Libye est réel», prévient Matthew Schroeder, directeur du projet de contrôle des ventes d’armes de la Federation of American Scientists de Washington. Et d’ajouter que «la priorité des services secrets américains et étrangers devrait être de les récupérer».
L’auteur de l’article du New York Times, C. J. Chivers, précise toutefois que les révolutionnaires, qui cherchent le soutien et la sympathie de la communauté internationale ne constituent pas la menace principale. L’inquiétude vient, selon lui, du fait que ces missiles se revendent pour plusieurs milliers de dollars sur le marché parallèle et que des opportunistes vont donc les proposer à des tiers. Le New York Times fait, par ailleurs, remarquer que les armes qui circulent aujourd’hui en Libye confirment qu’en dépit des sanctions internationales, Tripoli s’est équipée auprès de multiples fournisseurs de l’ancien bloc de l’Est.

Peter Danssaert, chercheur à l’International Peace Information Service en Belgique, spécialisé dans la prolifération en Europe de l’Est et en Afrique, va aussi dans le même sens que l’analyse développée par le directeur du projet de contrôle des ventes d’armes de la Federation of American Scientists de Washington. Il s’est dit même persuadé que maintenant que les armes ne sont plus sous la garde de l’Etat, peu seront récupérées. Même son de cloche du côté du Peace Research Institut d’Oslo. Nic Marsh qui étudie le marché des armes légères au sein de cette institution pense lui aussi que ces équipements pourraient parvenir aux rebelles tchadiens et soudanais ou, pis encore, aux terroristes algériens. De nombreux spécialistes de la sécurité soutiennent également l’idée que la situation risque d’être beaucoup plus grave «si la bataille libyenne se transforme en une longue guerre». Pourquoi ? Dans ce cas de figure, les deux camps pourraient même importer d’autres armes pour continuer le combat. Des  armes qui, comme à chaque fin de conflit, seront revendues à l’unité sur les marchés noirs. Des soucis de cette nature étaient, rappelle-t-on, apparus après le retrait soviétique d’Afghanistan. Washington avait dépensé des fortunes pour récupérer les SAM-7 livrés à la guérilla et les Stingers gracieusement offerts aux islamistes par la CIA.

Des situations où des civils s’emparent d’arsenaux militaires ont été également très nombreuses ces dernières années. Ce fut le cas, par exemple, de l’Ouganda en 1979, du Rwanda en 1994 et de l’Albanie en 1997. Il est aujourd’hui établi que dès que ces armes échappent à la surveillance de l’Etat, elles sont aussitôt revendues sur le marché noir à d’autres pays et des groupes rebelles. Cette crainte de voir le conflit libyen s’éterniser expliquerait peut-être pourquoi certains acteurs régionaux et internationaux hésitent encore à entreprendre des actions militaires contre El Gueddafi.

Zine Cherfaoui/Elwatan.com________

 

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