Attentat contre la police à Karachi, 18 morts et une centaine de...

Attentat contre la police à Karachi, 18 morts et une centaine de blessés

267
0
PARTAGER

Karachi, mégalopole de plus de 17 millions d’habitants et principal port et centre financier du pays, avait été secouée ces derniers mois par de nombreux assassinats politiques et plusieurs attentats visant des minorités religieuses.

Mais elle avait jusqu’ici été relativement épargnée par les attentats du type de celui de jeudi soir, dont le mode opératoire évoque celui des talibans pakistanais, responsables de la plupart des attentats qui ensanglantent le pays depuis trois ans, notamment le nord-ouest.

Les assaillants sont arrivés au pied du bâtiment de deux étages et ont ouvert le feu, avant de précipiter leur véhicule bourré d’explosifs contre l’immeuble de deux étages, qui s’est effondré, selon la police.
« C’était une énorme explosion qui a creusé un grand cratère, un peu comme lors de l’attentat contre l’hôtel Marriott d’Islamabad », une attaque au camion piégé qui avait fait une soixantaine de morts en septembre 2008, a estimé sur place le ministre de l’Intérieur du Sind, Zulfiqar Mirza.

L’attentat « visait les bureaux du département d’enquête criminelle » (Crime Investigation Department, CID, police antiterroriste), a déclaré à l’AFP un haut responsable de la police locale, Fayaz Lughari.
« Les assaillants ont d’abord franchi le cordon de sécurité en ouvrant le feu sur les policiers. Il y a alors eu des échanges de tirs, puis la camionnette chargée d’explosifs », a indiqué à la presse sur les lieux le chef de la police de la province, Salahuddin Babar Khattak.

« Au moins 18 personnes ont été tuées », a-t-il déclaré.
« Une centaine de personnes ont été blessées », avait auparavant déclaré Sharmilla Farooqi, une porte-parole du gouvernement de la province du Sind, en faisant, elle, état d’au moins 15 morts.

Peu après l’explosion, un journaliste de l’AFP avait vu au moins 25 personnes emmenées vers un hôpital, alors que les équipes de secours tentaient de dégager des personnes d’un bâtiment endommagé.
« Je ne sais pas combien il y avait d’assaillants, mais les échanges de tirs ont duré un certain temps », a déclaré M. Babar Khattak, en précisant que si « la CID avait arrêté plusieurs terroristes » récemment, « aucun d’entre eux ne se trouvait dans l’immeuble au moment de l’attaque ».

Vendredi dernier, au moins 65 personnes avaient été tuées et 120 blessées dans deux attaques, dont un attentat-suicide ayant fait à lui seul une soixantaine de morts, contre des mosquées dans le nord-ouest, en proie aux actes terroristes des talibans et de leurs alliés.

Depuis l’attaque des forces gouvernementales pakistanaises contre la Mosquée rouge d’Islamabad et les hommes qui s’y étaient retranchés en juillet 2007, le Pakistan a été ensanglanté par une série de plus de 400 attentats et attaques -essentiellement suicide- qui ont fait plus de 3.800 morts.

Ces attentats sont attribuées pour la plupart aux talibans pakistanais et à leurs alliés. Les talibans, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda, ont décrété à l’été 2007 le jihad contre Islamabad pour son soutien à la « guerre contre le terrorisme » de Washington.

Leur fief, les zones tribales du nord-ouest, frontalières de l’Afghanistan, sont devenues un des principaux sanctuaire d’Al-Qaïda dans le monde, mais aussi la base arrière des talibans afghans. Les drones de la CIA y procèdent quasi-quotidiennement à des attaques.

AFP

 

Commentaires