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Plusieurs fonctionnaires de différentes unités de police, mais aussi un passant héroïque, sont intervenus pour neutraliser le terroriste qui a tué plus de 80 personnes avec son camion frigorifique sur la promenade des Anglais.

«Je n’oublierai pas le regard de cette policière qui a intercepté le tueur». Le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, était sur les lieux du drame, à Nice, jeudi, juste après les événements. Comme le président de région Christian Estrosi, il a tenu à rendre hommage aux policiers intervenus ce soir-là, alors que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est rendu immédiatement sur place pour coordonner le dispositif de sécurité.

Le scénario qui se dessine, à mesure que l’enquête progresse, conforte l’hypothèse de l’acte terroriste. Le tueur, que les autorités ont pu formellement identifier désormais, et qui avait ses empreintes au fichier national des empreintes digitales (FNAED), a loué son camion frigorifique, deux jours avant les faits, à Saint-Laurent-du-Var, une commune du bord de mer, limitrophe de Nice. Il l’avait loué pour plusieurs jours.

Il est arrivé dans le flux de la circulation, jeudi soir, seul à bord. Son camion est entré au milieu de la promenade des Anglais sur le bord de mer. Là où la route était barrée, il est monté sur le trottoir avec son engin, car il n’y avait pas, à ce niveau, d’obstacle physique. Puis il a roulé en percutant les passants réunis pour regarder le feu d’artifice. Une course effarante, en zigzag, de plus de 1,7 kilomètre!

La police a couru sur 200 mètres

Il était armé d’une arme de poing mais n’a tiré qu’à la fin. Il semblerait que trois policiers nationaux de Nice soient intervenus les premiers. Ils auraient couru sur 200 mètres derrière le camion. À un moment, l’engin a été gêné par une pergola qui mordait sur le trottoir. Il est alors redescendu sur la chaussée au niveau du Palais de la Méditerranée, où la foule était plus dense encore. C’est là qu’il a fait le plus de victimes, près d’une trentaine, selon des témoins.

Un passant héroïque a alors sauté sur le camion pour neutraliser à mains nues le terroriste au volant. C’est alors que le tueur à fait usage de son arme, en tirant en direction de l’homme, qui est descendu de la cabine. Deux policiers de la sécurité publique qui étaient, eux aussi, visés par les tirs du conducteur fou, ont riposté et le terroriste est mort sous les balles de la police. Ils ont été rejoints par deux groupes d’agents armés de la Compagnie départementale d’intervention qui ont, eux aussi, fait usage de leurs armes. Le camion compte au moins une cinquantaine d’impacts de balles.

Des opérations de police en cours

À l’intérieur, outre des documents d’identité, les policiers auraient retrouvé une carte de crédit. L’enquête se poursuit, la police technique et scientifique analysant notamment toutes les traces exploitables, tous les documents saisis, les armes, factices ou non, tous les objets à bord du camion. La police judiciaire sur place, en lien avec le parquet local et la section antiterroriste du parquet de Paris, exploite la vidéo, les témoignages, et remonte le fil jusqu’aux éventuels complices. Une course contre la montre s’est engagée.

Une chose est certaine: les papiers retrouvés dans le camion sont bien ceux du conducteur qui habitait les quartiers nord de Nice. Des opérations de police sont en cours. La ville est bouclée à certains endroits.

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