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Tout peut basculer une nouvelle fois en cette veille de fête dans la région du Rif en proie à une tension sociale sans précédent qui ne faiblit pas depuis 10 mois. Si des mesures de grâce royale, ce qui ne semblent pas être le cas, ne sont pas prononcées au profit de manifestants détenus , dont les leaders de cette contestation, à l’occasion de la fête du sacrifice, hautement symbolique et qui, habituellement, profite à un très grand nombre de prisonniers. Mais le cas de ces détenus du Rif n’est pas simple et les faits reprochés, comme l’atteinte à la sécurité intérieure de l’état ne plaident pas, pour le moment, à une libération ni une réduction de peines, tellement les nerfs sont à vif et la tension toujours palpable. D’ailleurs, elle le sera encore plus lors des trois jours de fête, puisque les parents de ses détenus ont décidé de boycotter cette fête religieuse et même de jeûner en solidarité avec les prisonniers dont un grand nombre n’a pas encore été jugé. Cette réaction de colère sera complétée par des appels à sortir manifester dans plusieurs localités de la région du Rif, en évitant au maximum les affrontements habituels avec les forces de l’ordre ainsi que les jets de pierre et les cocktails Molotov. Alors que tous les autres marocains célébreront l’Aid El Kébir, les habitants du Rif auront l’esprit triste ailleurs.

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