Au coeur d’un scandale, le président allemand s’accroche à son poste

Au coeur d’un scandale, le président allemand s’accroche à son poste

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« J’assume la plénitude de ma fonction, pour les cinq années de mon mandat », a déclaré le président lors d’une interview sur les deux chaînes allemandes de télévision publique, les appels à sa démission s’étant multipliés depuis 48 heures.

Le chef de l’Etat allemand – dont la fonction est essentiellement honorifique mais qui se doit d’être une autorité morale – a admis avoir commis « une faute grave (qu’il) regrettait profondément, et pour laquelle il avait présenté des excuses ».

M. Wulff a ainsi pour la première fois admis à la télévision avoir téléphoné à des responsables du quotidien à grand tirage Bild – 12 millions de lecteurs – pour tenter d’empêcher la publication d’un article accusateur.

L’article en question, publié le 13 décembre, mettait en cause le président pour avoir, malgré les questions, gardé le silence sur un prêt de 500.000 euros obtenu auprès de la femme d’un ami entrepreneur avec lequel il était en relation d’affaires lorsqu’il était chef du gouvernement de Basse-Saxe (ouest).

Depuis ces révélations à la mi-décembre, il se trouve sous pression et, après la pause des fêtes de fin d’année et les informations parues mardi sur le coup de fil présidentiel à Bild, les critiques sont allées crescendo.

Peu avant l’interview du président, le chef du parti social-démocrate (SPD, opposition) Sigmar Gabriel a estimé sur sa page Facebook qu’il ne s’agissait « plus seulement d’une affaire Wulff mais également d’une affaire Merkel ».

La chancelière a apporté son soutien à M. Wulff, tout en demandant des explications.

Elle « fait entièrement confiance au président pour répondre à toutes les questions en suspens », avait déclaré mercredi un porte-parole du gouvernement allemand, Georg Streiter, assurant qu’elle « appréciait particulièrement le travail de M. Wulff ».

Jusqu’à l’éclatement de l’affaire, M. Wulff, 52 ans, semblait entretenir de bons rapports avec les médias, se prêtant avec un plaisir apparent à des séances de photos avec sa seconde, blonde et jeune épouse Bettina, mère de leur petit garçon.

Mais depuis les relations se sont visiblement tendues. Le quotidien Die Welt, appartenant comme Bild au groupe d’édition conservateur Springer, a révélé mardi qu’en juin M. Wulff avait convoqué l’un de ses journalistes à sa résidence officielle, le château Bellevue, pour exiger le retrait d’un article évoquant ses relations difficiles avec l’une de ses soeurs, à paraître le lendemain.

Des affaires particulièrement embarrassantes pour Angela Merkel, qui est également très liée à Friede Springer, actionnaire majoritaire de la maison d’édition.

Le pouvoir de Bild est loin d’être négligeable en Allemagne et a notamment inspiré dans les années 1970 l’écrivain Heinrich Böll dans son roman « L’Honneur perdu de Katharina Blum ».

Mardi, l’ancien champion de tennis allemand Boris Becker avertissait le président sur son twitt: « Il ne faut jamais chercher Bild, ou alors il faut gagner Wimbledon ».

Mme Merkel a peiné pour faire élire il y a un an et demi M. Wulff: il a fallu trois tours d’un scrutin qui avait viré au psychodrame le 30 juin 2010, les grands électeurs en profitant pour montrer leur mécontentement vis-à-vis de la chancelière et de sa coalition de centre-droit.

Fin mai 2010, Horst Köhler qui venait d’entamer son deuxième mandat de président, avait dû démissionner après une polémique sur une interview où il avait semblé justifier l’intervention militaire en Afghanistan par la défense des intérêts économiques allemands.

 

AFP_______________

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