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L’explosion s’est produite en plein cœur de la capitale thaïlandaise. La bombe, qui a explosé lundi en début de soirée, a fait au moins 27 morts, dont quatre étrangers, selon un dernier bilan communiqué par les médias thaïlandais. Les autorités, quant à elles, font état de 19 morts, dont 10 Thaïs, un Chinois et un Philippin, et plus de plus de 120 blessés. L’engin a explosé en début de soirée sur un carrefour très fréquenté de Bangkok, au niveau du sanctuaire d’Erawan, au milieu d’immenses centres commerciaux et des gratte-ciel. Des corps démembrés étaient visibles sur les lieux de l’explosion. De nombreuses forces de police et ambulances étaient présentes sur les lieux de l’incident.

«Les gens qui ont fait ça visaient les étrangers»

Sur place, la situation reste confuse. Alors que les autorités avaient dans un premier temps évoqué une moto piégée, un des chefs de la police nationale a précisé que la bombe, composée d’un tuyau bourré d’explosif, avait été déposée à l’intérieur même de ce temple hindouiste à ciel ouvert. Très vite, la zone a été évacuée car les forces de l’ordre suspectaient la présence d’autres bombes. Un colis suspect a d’ailleurs été découvert.

Contacté par Le Figaro.fr, le ministère des Affaires étrangères n’a pas pu indiquer si des Français figuraient parmi les victimes. «Des vérifications sont actuellement en cours. Nous n’avons pas d’information à ce stade sur la nationalité des victimes», précisait-on en fin d’après-midi. En début de soirée, la France a condamné l’attaque. «Les responsables de cet attentat devront être identifiés et répondre de leurs actes devant la justice», a déclaré le Quai d’Orsay dans un communiqué. Plus tôt, l’ambassade de France a Thaïlande avait recommandé à ses ressortissants de «rassurer d’urgence leurs proches».

«L’heure et l’endroit incontestablement choisis pour faire des dégâts humains»

Le temple d’Erawan, apparemment visé, est un sanctuaire très populaire dédié au dieu hindou Brahma. Situé sur l’une des plus grandes avenues du centre de Bangkok, il est visité chaque jour par des milliers de fidèles hindouistes et bouddhistes et par des touristes. «C’est un lieu extraordinairement passant, au cœur du Bangkok des affaires, des centres commerciaux et des hôtels, mais aussi un lieu de manifestations», nous décrit Erwan Charles, un gérant de société français, qui s’est rendu sur les lieux de l’explosion. En 2010, le temple d’Erawan a servi pendant des mois de point de rassemblement des «Chemises rouges», les partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. «L’heure et l’endroit ont été incontestablement choisis pour faire des dégâts humains», ajoute ce spécialiste de la Thaïlande.

«Il y avait des corps partout, certains déchiquetés», a témoigné auprès de REUTERS Marko Cunningham, un ambulancier néo-zélandais travaillant à Bangkok. Il a ajouté que l’explosion avait creusé un cratère de deux mètres de diamètre au sol et que des passants avaient été blessés alors qu’ils se trouvaient à plusieurs centaines de mètres. Plusieurs explosions se sont produites ces derniers temps à Bangkok, en lien avec les violences politiques. En février, dans le même quartier, deux petites bombes artisanales avaient explosé devant un centre commercial, ne faisant que des dégâts mineurs. «Mais là, c’est la première fois qu’on assiste à une explosion de cette puissance dans le pays depuis des années», commente encore Erwan Charles, installé dans le pays depuis huit ans.

Un attentat pas encore revendiqué

«Les gens qui ont fait ça visaient les étrangers pour porter atteinte au tourisme et à l’économie», a déclaré le ministre de la Défense, Prawit Wongsuwong. L’attentat n’a pas été revendiqué pour l’instant. D’après Erwan Charles, deux hypothèses sont à privilégier: «Soit il s’agit d’un attentat commis par des opposants au régime qui tentent de déstabiliser le pouvoir militaire en place depuis 2014. Soit il s’agit d’une attaque fomentée par les insurgés des provinces du Sud», nous suggère l’expert. «Mais il est encore trop tôt pour l’affirmer».

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