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Des chercheurs de l’Inserm viennent de montrer comment des connections altérées entre les cellules du système nerveux seraient impliquées dans le syndrome de l’X fragile, à l’origine de troubles du spectre autistique (TSA).

Les troubles du spectre autistique (TSA) désignent des troubles neurologiques qui affectent les relations sociales et la communication. Ils se manifestent aussi par des comportements inhabituels (répétitifs, notamment) et le traitement anormal de l’information sensorielle chez les personnes qui en sont atteintes.

TSA : 650 000 personnes touchées en France
Les TSA, qui englobent l’autisme, le syndrome d’Asperger ou le trouble envahissant du développement – non spécifié (TED?ns), toucheraient plus de 3 millions de personnes dans l’union européenne dont environ 650 000 en France. Un enfant sur 68 serait ainsi atteint de TSA, selon des estimations récentes du Centre pour le contrôle des maladies aux États-Unis.
À l’aide de l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), une équipe de chercheurs, dirigée par Andréas Frick de l’Inserm, a observé, chez une souris affectée par le syndrome de l’X fragile (un trouble neurodéveloppemental étroitement lié à l’autisme), une altération des connections et de la communication entre différentes zones du cerveau.
Ces nouvelles données, publiées le 20 novembre 2015 dans la revue Science Advances, pourraient expliquer certains symptômes des troubles du spectre autistique comme l’hypersensibilité aux informations sensorielles ou les altérations de la perception visuelle. Aussi, ces résultats rejoignent des hypothèses émises depuis longtemps.

TSA : les zones du cerveau déconnectées à un niveau global
La théorie des neuroscientifiques à l’international suggère en effet que le cerveau des personnes atteintes de TSA serait « hyper-connecté » à un niveau local, mais qu’à une échelle globale, les différentes zones du cortex seraient « déconnectées » les unes des autres.
À savoir que dans le cerveau, les connections locales traitent une information spécifique (certains aspects de la vision, par exemple) alors que les connections à plus longues portées permettent d’intégrer des informations plus complexes (par exemple, la combinaison de différentes informations sensorielles). Ce dernier type de connexion est nécessaire pour une perception et une compréhension fine de l’environnement extérieur.

« Les connections cérébrales fonctionnent comme une autoroute »
« L’ensemble des connections cérébrales fonctionne comme une autoroute, permettant la distribution du trafic aux différentes parties d’une agglomération, mais également à d’autres villes et villages extérieurs », explique Andréas Frick. Les chercheurs ont souhaité étudier de plus près la partie du néocortex, qui traite l’information visuelle. Le réseau de cette partie du cerveau était différent, avec davantage de connections provenant de sites locaux, et peu de connections provenant de réseaux éloignés. Ceci pourrait expliquer la perception sensorielle altérée chez les personnes atteintes.
Cette même équipe avait observé en 2014, dans une étude menée également sur des souris modèles de TSA et du X fragile, des altérations dans la manière de réagir aux informations sensorielles (notamment les informations liées au toucher) et avait décrit un mécanisme expliquant les changements neurobiologiques soulignant ce phénomène.

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