Baccalauréat: joie, déchirement et désillusion

Baccalauréat: joie, déchirement et désillusion

359
0
PARTAGER

Le baccalauréat est une étape charnière fort importante qui impact profondément le futur des jeunes et de leurs familles. Dire que le taux de réussite est en hausse c’est dire le nombre de familles aujourd’hui heureuses après douze années de labeur et de sacrifices pour décrocher le fameux sésame.
Commence alors un autre parcours de combattant.
Comme chaque année, nombreux parmi les nouveaux bacheliers ceux qui vont quitter le pays pour des études plus poussées. On les estime annuellement à 30.000.
Stress extrême en attente des inscriptions.
Humiliations devant les consulats.
Départ sans retour pour certains.
Déchirement des familles.
Perte sèche pour le pays.
Les  parents vont dépenser sans mesure pour les frais de scolarité et ou de séjour  de leur progéniture et se sont les pays d’accueil qui sans débourser un kopeck  vont profiter des rêves, de l’énergie, de l’intelligence et de l’expertise de ces jeunes marocains.
D’autres nouveaux bacheliers vont maintenant galèrer avant de réussir un concours ou un autre. Ils vont se rendre compte que le bac n’ouvre pas toutes les portes. Du moins pas à tous. Il faut en plus avoir une moyenne élevée. Des centaines, voir quelques milliers de candidats pour des dizaines de places.
Le reste, c’est à dire la majorité, va simplement s’inscrire à la fac comme ils disent…voie de garage pour les moins chanceux, abri de choix pour les moins ambitieux et choix intelligent pour les férus d’études universitaires de longue haleine.
Comme chaque année, les familles et les nouveaux bacheliers seront confrontés au manque de choix et à la réalité de filières manquant au registre. Une situation qui n’a que trop duré, des fois par manque de moyens, des fois simplement par manque de courage politique et sans doute à cause de la sclérose du système.
Quand à ceux qui n’ont pas réussi ce n’est pas la fin du monde. Il y’a les rattrapages bien sur et redoubler n’est pas synonyme de déshonneur.
Je connais personnellement un enfant qui a fait le choix de redoubler pour avoir une meilleure moyenne l’année d’après. Aujourd’hui il est entrain d’achever un doctorat dans un domaine fort pointu.
Cette année aussi il y’a eu le lot de moyennes invraisemblablement élevées. Sans scrupule aucun certains établissements et enseignants gonflent sans limites la part des contrôles continues dans les moyennes.
L’enseignement privé est à chaque fois mis à l’indexe.
C’est contreproductif car cela ne contribue qu’à une inflation illusoire. les très bonnes moyennes viennent aussi de l’enseignement public, le plus normalement du  monde, preuve que tout n’est pas à jeter dans cet enseignement là.
Reste à pointer du doigt les tricheurs.
Cette cuvée comme ses précédentes, n’est pas propre à 100%. Elle compte aussi son lot de tricheurs.
Le nombre en est en régression officiellement. On ne saura jamais combien ils sont véritablement. Pas besoin de le savoir.
Honte à eux.
Honte à ceux qui les ont aidé à réussir leurs méfaits.
Honte aux familles qui au courant, auraient été des complices passifs ou actifs.
C’est malheureux et malsain.
Ces tricheurs n’auront jamais la conscience tranquille et ne seront performants leurs vies durant, que dans la malhonnêteté. Ils ne seront jamais d’honnêtes citoyens. La société aussi ne comptera jamais sur eux.
Oublions les et souhaitons bonne chance aux 176000 élèves qui auront à passer la session de rattrapage. Mais surtout, félicitons chaleureusement les 156429 nouveaux bacheliers et leurs familles, y compris les valeureux candidats libres, avec la prière, le souhait et l’espoir de les voir réaliser leurs rêves et ceux d’un pays dont ils sont à la fois le présent et l’avenir…156000 individus c’est simplement la population d’une ville entière…pensons y pour mesurer la dimension de la question.
Ce ci dit l’optimisme doit régner, le taux de réussite est plus élevé chez les filles en comparaison avec celui des garçons. Une fierté. Merci mesdemoiselles.
Pendant ce temps la coupe du monde de football elle se poursuit, avec son lot de joies, de tristesses, de rumeurs, de soupçons et d’injustices.
Mais cela est une autre paire de manches.

Aziz DAOUDA

Actu-maroc.com ________________________________________________________

Commentaires