Bactérie tueuse : la psychose s’étend en Allemagne

Bactérie tueuse : la psychose s’étend en Allemagne

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Apparue début mai dans le nord de l’Allemagne, la bactérie Eceh (E. coli entérohémorragique) s’est répandue sur l’ensemble du territoire et a provoqué la mort de 17 personnes. Les hôpitaux allemands font face à environ 2 000 cas. Ils tâtonnent pour trouver un traitement adéquat, pour lutter contre ce qui a été identifié jeudi comme étant une souche «très rare» et résistante aux antibiotiques. Les services de soins intensifs du nord du pays sont saturés de patients, qui se battent pour leur survie. Olaf Scholz, maire de Hambourg – épicentre de la catastrophe – a donné son sang devant les caméras pour l’exemple, répondant ainsi aux appels des médecins qui redoutent une pénurie de plasma sanguin.

Depuis que le génome de la bactérie a été déchiffré, les chercheurs allemands disent espérer une percée dans la semaine à venir pour mettre au point un traitement efficace et pour se prémunir contre l’Eceh. En attendant, seules les transfusions sanguines ont permis de soulager et de sauver les personnes infectées. Mais les stocks destinés à faire face aux situations d’urgence sont déjà presque épuisés. «Les patients ont besoin de plus de plasma que les malades du cancer : 12 poches pour les femmes, 14 pour les hommes», affirme Susanne Ganepola, hématologue à l’hôpital Altona de Hambourg, qui se dit choquée par l’état des patients, comme nombre de ses confrères. «Je ne mangerai plus de salade, ni de tomates ou de concombres jusqu’à ce que l’on ait identifié la cause de l’épidémie», ajoute-t-elle.

Les crampes abdominales, suivies de diarrhées et de fièvres, provoquent de terribles douleurs. Dans les cas les plus aigus, la bactérie entraîne des insuffisances rénales et des dysfonctionnements neurologiques provoquant des crises d’épilepsie, des troubles du langage ou des paralysies. Saisie de douleurs aiguës et de diarrhées il y a deux semaines, Julia Moser, 25 ans, dit avoir été soulagée, dans un premier temps, d’apprendre qu’elle avait contracté l’Eceh. «Au moins je savais ce dont je souffrais, raconte-t-elle. Mais quand je vois dans quel état sont certains patients, je réalise que j’ai eu beaucoup de chance.»
Principes de précaution

Un autre patient d’Altona, Stefan Kraft, raconte comment lui et son épouse se sont rendus à l’hôpital une nuit il y a deux semaines après avoir perdu du sang dans leurs selles. Depuis, il n’a pas revu sa femme, dont l’état s’est subitement détérioré. Plongée dans le coma, branchée à un respirateur, elle est traitée au service de soins intensifs. Lui ne peut pas se lever. «Nous avions consommé de la salade et des tomates. Par chance, notre fille n’a rien», se console-t-il.

Des légions de médecins, de chercheurs, de statisticiens ont été mobilisées pour trouver un remède et la cause de l’épidémie. «Il règne une impuissance médicale comme au temps de la peste», confesse Stefan Schreiber, gastro-entérologue à Kiel. Les autorités allemandes, qui avaient commencé par incriminer des concombres espagnols avant de se rétracter, continuent de déconseiller la consommation de légumes crus comme les concombres, les salades ou les tomates.

La soupe a remplacé la salade sur les terrasses des restaurants berlinois. Les consommateurs allemands ont adopté les principes de précaution, supprimant salades, tomates et concombres de leurs listes de courses. Mais aussi parfois, en fonction du degré de réceptivité à la psychose, la viande crue, certains laitages, les légumes crus ou les fruits. Les plus courageux continuent de s’approvisionner chez les producteurs bio, arguant qu’ils ne courent aucun danger, le lisier n’étant pas utilisé dans les cultures biologiques.

 

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