Bahreïn: une militante des droits de l’Homme frappée par la police

Bahreïn: une militante des droits de l’Homme frappée par la police

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Fille du militant emprisonné Abdulhadi al-Khawaja, Zainab al-Khawaja, une célèbre blogueuse, a été arrêtée mardi et se trouvait toujours en détention vendredi, a indiqué dans un communiqué le centre bahreïni (BCHR) pour les droits de l’Homme, en exigeant « sa libération ».

La militante de 27 ans participait à une manifestation sur une route conduisant à la capitale Manama, où des actions de contestation sporadiques se sont multipliées.

BCHR a affirmé que les forces de sécurité avaient tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser le rassemblement de plusieurs centaines de personnes, tandis que Khawaja et d’autres femmes observaient un sit-in à un rond-point.

Les autres femmes ont quitté les lieux à l’approche des forces de sécurité, mais pas la militante, qui est restée au milieu du rond-point.

La vidéo, visible sur le site YouTube (http://www.youtube.com/watch?list=UUcSY6YknBIQupmCrjn05BgQ&feature=player_detailpage&v=i3Zdk98x9TM), montre Khawaja être menottée par une policière, puis une autre policière l’agrippe violemment, avant qu’elles ne la tirent toutes les deux sur le sol vers un véhicule de police.
Toujours sur les images, on voit l’une des policières donner un coup à la poitrine à Khawaja, connue sur Twitter comme « Angry Arabiya » et dont le mari est aussi emprisonné, alors qu’elle est allongée sur le trottoir.
Une autre femme, Massouma al-Sayed, a été interpellée lors d’un autre sit-in près d’un centre commercial sur la même route, a indiqué le BCHR.
Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a indiqué les deux femmes avaient été arrêtées parce qu’elles refusaient de mettre fin à leurs actions « illégales » et parce que celle arrêtée près du centre commercial avait « attaqué l’une des policières ».
Il a précisé qu’elles seraient présentées devant le ministère public, en présence de leur avocat.
Peu après, Said Youssif, un blogueur membre de BCHR, a écrit sur Twitter que le ministère public avait ordonné qu’elles soient placées en détention provisoire pendant sept jours et examinées par un médecin pour vérifier leurs accusations de violences.
Le groupe Freedom House, basé aux Etats-Unis, a condamné ces deux arrestations et demandé au gouvernement de tenir ses promesses de réformes. « Les Bahreïnis en ont ras-le-bol d’entendre que les réformes sont en cours. Ils veulent voir des preuves tangibles, à commencer par la capacité de manifester pacifiquement sans craindre d’être poursuivis », a affirmé Daniel Calingaert, vice-président du groupe, dans un communiqué.
Bahreïn avait été secoué de la mi-février à la mi-mars par un mouvement de contestation mené par les chiites, qui avait été violemment réprimé par le pouvoir sunnite.
Une Commission d’enquête indépendante a dénoncé le 23 novembre un « usage excessif et injustifié de la force » de la part des autorités lors de la répression, précisant que 35 personnes –30 civils et 5 membres des forces de sécurité– avaient trouvé la mort. Parmi les civils morts, cinq sont décédés sous la torture, selon cette commission.
Les autorités ont dit accepter ces conclusions et les Etats-Unis, proches alliés de Bahreïn, ont appelé à punir les auteurs de violations des droits de l’Homme.

AFP____________________

 

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