Ban Ki-moon et le Sahara marocain : L’ONU n’est pas l’OUA

Ban Ki-moon et le Sahara marocain : L’ONU n’est pas l’OUA

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Lorsque Ban Ki-moon a commis l’irréparable contre le Maroc et contre la légalité internationale par son alignement public sur la thèse de l’Algérie et du polisario, en violation inédite de l’obligation de neutralité qui régit la fonction d’un SG de l’ONU, une forte impression de «déjà vu et vécu» a immédiatement martelé mon esprit, avec insistance. Très vite, ma mémoire m’a ramené à l’an 1983, dans le décor africain. C’est l’année qui marquait la fin de mandat d’un certain Edem Kodjo, alors Secrétaire Général de la défunte Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue plus tard Union Africaine (UA). L’hostilité de Kodjo au Maroc et son affinité avec le pouvoir algérien étaient un secret de polichinelle. Ce Togolais, qui allait par la suite occuper le poste de Premier ministre de son pays, avait lui aussi choisi l’année de fin de mandat pour poignarder le Maroc dans le dos, tout comme le fait aujourd’hui Ban Ki-moon.

L’ancien SG de l’OUA avait décidé l’admission de la fantomatique “RASD” au sein de l’organisation continentale et balisé le terrain à l’Algérie qui ne trouva, en 1984, aucun mal à faire entériner la décision par l’instance africaine, grâce notamment aux régimes africains corrompus qui étaient légion. C’était le 12 novembre 1984. Ce jour là, la délégation de l’entité fantoche fit son entrée dans la salle des séances de l’Africa Hall à Addis-Abeba et pris place. Le conseiller de feu Hassan II, Ahmed Réda Guédira, qui conduisait la délégation marocaine demanda illico presto la parole pour donner lecture, sur un ton très calme, d’un message du Souverain : «Voilà, et je le déplore, l’heure de nous séparer. En attendant des jours plus sages, nous vous disons adieu et nous vous souhaitons bonne chance avec votre nouveau partenaire».

La similitude entre cet épisode et l’ignominie de Ban Ki-moon réside dans la nature des violations commises et dans le modus operandi. Dans les deux cas, il y a transgression du droit international et violation du principe d’impartialité et d’objectivité des organisations interétatiques, continentale pour le premier et internationale pour le second. Dans les deux cas, l’on a cédé aux pressions exercées par les autres parties dans l’irrespect des constantes faisant l’objet de consensus. Dans les deux cas, le forfait est commis en fin de mandat. Et, enfin, dans les deux cas, la main de l’Algérie est trop apparente avec un relent très fort de transaction, politique ou autre. L’Histoire se chargera bien d’en révéler un jour la nature.

Peut-on à présent considérer que le forfait commis par Ban Ki-moon est passible d’imposer un quelconque fait accompli tel que cela avait pris dans le cas de l’OUA ? Bien entendu, c’est ce qu’espèrent les fomenteurs de ce nouveau complot. En utilisant la même méthode et le même procédé, ils pensent pouvoir aboutir à un résultat similaire. Seulement, ni le contexte, ni le rapport des forces, ni le terrain des opérations, ni la nature des différents intervenants ne sont similaires. L’ONU, dotée d’un Conseil de Sécurité sensible aux facteurs et situations pourvoyeurs d’instabilité dans le monde, n’est pas l’OUA qui s’était révélée elle-même source de fragilisation de tout un continent et dont une bonne partie des membres ne jurait que par les gazo-dollars algériens.

Le petit jeu de Ban Ki-moon et de ses manipulateurs butera inéluctablement sur la sagesse et la clairvoyance des membres du CS de l’ONU. La fermeté du Maroc, la mobilisation et l’unanimité de son peuple tel que magistralement illustrées lors de la marche du dimanche 13 mars à Rabat, sont des éléments qui pèsent sérieusement sur la balance. Sa bonne foi et sa pleine coopération avec l’organisation onusienne (le plan d’autonomie, seule proposition qui vaille, en témoigne), renforcent la crédibilité du Maroc et la justesse de sa cause. Son poids dans la région et son engagement sans failles pour les causes justes et pour le triomphe des valeurs de paix et de coopération, en font un partenaire sérieux et un allié stratégique que la communauté internationale ne saurait livrer aux chantages d’écervelés fossoyeurs de la paix et de la légalité internationale, avec tous les risques que cela comporte pour la sécurité et la stabilité mondiales.

Par Jamal Hajjam 

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