Bélarus: investiture de Loukachenko pour un 4e mandat boycottée par l’Union Européenne

Bélarus: investiture de Loukachenko pour un 4e mandat boycottée par l’Union Européenne

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La main droite sur la Constitution, Alexandre Loukachenko s’est engagé à « respecter et préserver les droits de l’homme et la Constitution du Bélarus », au cours d’une cérémonie retransmise en direct à la télévision.

 

Sa réélection le 19 décembre avec près de 80% des voix a été suivie d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes dénonçant des fraudes massives, qui a été violemment réprimée.
Les ambassadeurs des pays de l’Union européenne ont décidé de boycotter la cérémonie d’investiture du président bélarusse Alexandre Loukachenko et ont quitté le pays en signe de protestation contre la répression, selon une porte-parole de l’UE.

L’ambassadeur russe, Alexandre Sourikov, était en revanche présent.
« Nous avons gagné de manière convaincante », le choix était entre « un Etat indépendant et fort et un joug », a déclaré M. Loukachenko dans son discours d’investiture.
Il a félicité les Bélarusses pour ne pas avoir selon lui « cédé aux provocations politiques et à l’hystérie des hommes politiques et des journalistes vénaux ».
« Le temps des révolutions et des révoltes est révolu (…). Nous protégerons le pays des menaces de l’intérieur et de l’étranger », a-t-il poursuivi devant un parterre de fonctionnaires bélarusses et de représentants des jeunesses pro-présidentielles.
« Le choix libre du peuple est sacré et incontestable », a-t-il martelé.
L’événement s’est déroulé au palais de la République, sur une scène décorée « en blanc et or dans le style empire », a expliqué un présentateur de la télévision.
Dans le centre désert de la capitale bélarusse, le cortège présidentiel a été escorté par neuf motos blanches.

M. Loukachenko est entré dans la salle en tenant par la main son jeune fils Kolia, né d’une relation extra-conjugale mais dont le président a affiché l’existence depuis quelques années et qui l’accompagne lors de nombreuses cérémonies officielles.

Le président bélarusse a déclaré qu’il poursuivrait la coopération avec les partenaires « stratégiques » de son pays tels « la Russie, l’Ukraine, la Chine et le Venezuela, ainsi qu’avec l’Union européenne et les Etats-Unis ».
Les Etats-Unis et l’Union européenne ont sévèrement condamné la répression post-électorale qui s’est soldée par l’arrestation de plus de 600 personnes dont sept candidats de l’opposition. Quatre d’entre eux sont toujours incarcérés et risquent, ainsi qu’un cinquième, libéré sous contrôle judiciaire, jusqu’à 15 ans de prison pour « organisation de troubles massifs ».
La chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton a menacé mercredi d’interdire de séjour en Europe M. Loukachenko s’il ne libère pas d’ici à la fin du mois les opposants.

Le président bélarusse a en retour accusé jeudi la Pologne et l’Allemagne d’avoir tenté de le renverser en décembre, et promis les sanctions « les plus sévères » à l’UE si elle sanctionnait son régime.
Sous le feu des critiques occidentales, M. Loukachenko a immédiatement opéré un rapprochement avec la Russie, son allié traditionnel avec lequel ses relations s’étaient tendues ces derniers mois.
Recevant jeudi son homologue bélarusse Mikhaïl Miasnikovitch, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a promis de subventionner à hauteur de 4,1 milliards de dollars les livraisons de pétrole russe à Minsk.

AFP

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