Bienvenue dans la « République de Tahrir » au Caire

Bienvenue dans la « République de Tahrir » au Caire

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Pour y pénétrer, il faut montrer ses papiers d’identité puis ouvrir sacs et bagages à des barrages de l’armée égyptienne, devant des soldats courtois en tenue de combat, soutenus par des blindés.
Après barricades et barbelés, quatre rangées de jeunes gens, la plupart souriants, fouillent les nouveaux venus. « Bienvenue en terre libérée » lance l’un d’eux à un journaliste de l’AFP. « Ici, nous écrivons l’histoire ! »
Une haie d’honneur de plusieurs dizaines de personnes accueille ensuite les visiteurs. Tapant dans leurs mains, elles crient: « Oui, oui, Moubarak va partir! »
Chaque jour depuis le 28 janvier, ce qui était le point de rassemblement des manifestations hostiles au président Hosni Moubarak se transforme davantage en un camp retranché avec ses murailles de tôle ou de véhicules calcinés, ses systèmes de défense, ses dortoirs, ses estrades sonorisées, ses sanitaires, ses infirmeries et ses lignes de ravitaillement.
En début de matinée dimanche, des centaines d’hommes dormaient encore, enroulés dans des couvertures, sous des bâches flottant au vent. Un couple prépare du thé sur un feu de bois; des enfants vendent des gâteaux, des cigarettes. On fait la queue devant les toilettes de la mosquée Omar Makram.
Dans les ruelles avoisinantes, des jeunes gens, la tête souvent entourée de glorieux bandages, montent une garde farouche. Gaber Sayed, 19 ans, est l’un d’eux. Il porte comme un gilet pare-balle, une tunique marquée « Executive Flight Service », un pansement, un casque de moto et brandit une barre de fer.
« Je défends la zone libre », sourit-il. « Ils nous ont attaqués, nous ont tiré dessus avec des armes. Nous n’avons pas reculé. Ils ne prendront jamais la place. Nous ne la quitterons que quand Moubarak sera parti. Alors tout le pays sera libre ».
Tout près, une main a écrit à la bombe sur des rideaux de fer tirés les mots « Facebook » et « Twitter ». Entre deux drapeaux égyptiens, un tunisien. Un homme se tient immobile, un morceau de carton à la main sur lequel il a écrit: « Yes we can, too ».
Les partisans du raïs égyptien n’ont pas monté depuis deux jours d’offensive contre la place: les commerces rouvrent peu à peu, entre les ordures. Des hommes entre deux âges boivent du thé, observent les jeunes.
Recouverte d’un niqab noir, Elham Farouk, 27 ans, vient d’arriver. Elle va passer la journée ici, offrir le sac de couchage qu’elle porte en bandoulière à quelqu’un, « contre le froid ». Rentrer chez elle, revenir demain.
« J’ai compris très jeune à quel point notre société était corrompue », dit-elle. « Aucun secteur n’y échappe: les hôpitaux, l’éducation, l’économie. Rien ne marche dans ce pays. Pour faire quoi que ce soit, il faut payer. Cela doit changer. Maintenant, ma voix va être entendue ».
AFP

 

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