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La presse algérienne toute entière est en plein emballement en assistant au spectacle illustrant la déconfiture et la débâcle du pouvoir algérien. A peine nommé, le premier ministre, Abdelmajid Tebboune, se voit déjà poussé vers la sortie par l’entourage de Bouteflika qui l’avait nommé il y tout juste quelques semaines, avec l’objectif de sortir le pays de la grave crise économique et sociale que traverse l’Algérie. Sauf que, en s’en prenant aux grandes fortunes du pays en appelant à la solidarité de tous, en imprimant à son action et ses discours une bonne dose d’autonomie par rapport au pouvoir présidentiel et au clan qui le guide désormais, le chef du gouvernement a commis un crime de lèse-majesté et risque son renvoi.
Les observateurs de la scène politique algérienne ne lui donnent plus longtemps à continuer à assumer ses fonctions avec les coups qui lui sont portés quasi quotidiennement pour qu’il prenne’, de son propre chef, la décision de quitter ses fonctions, pour ne pas trop les décrédibiliser. Une partie de la presse algérienne, connue pour servir de relais au pouvoir et au clan gravitant autour de Bouteflika, est chargée de jouer la partition de l’erreur de casting concernant Abdelmajid Tebboune et ses moindres faits et gestes sont décortiqués pour trouver la faille ultime qui servirait à rapprocher la date du sacrifice sur l’autel de la continuité de l’ordre actuel, d’un homme dans lequel les algériens plaçaient tous leurs espoirs.

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