Bouteflika restaure l’état de droit en Algérie

Bouteflika restaure l’état de droit en Algérie

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Est-ce le bout du tunnel autoritaire pour les Algériens ? En signant, mardi, l’ordonnance qui met fin à l’état d’urgence, le président Bouteflika a restauré formellement l’état de droit, mis sous le boisseau depuis février 1992. Le décret a été publié au Journal Officiel jeudi. Les procédures d’exception accordées au ministère de l’Intérieur, comme la détention extrajudiciaire et la dissolution d’assemblées élues, sont donc abrogées. La garde à vue de 12 jours ne saurait désormais excéder 48 heures, renouvelable une fois par le procureur de la République. Les arrestations, les perquisitions et les écoutes téléphoniques se feront sous contrôle d’un magistrat. Une avancée incontestable, même si l’armée garde la main sur la lutte antiterroriste. L’on devrait donc s’attendre dans les prochains jours à une ouverture des champs politique et médiatique, avec notamment l’agrément de nouveaux partis et de journaux, en attente depuis plusieurs années. Mais une ouverture contrôlée, conforme aux traditions du sérail. Le Département du renseignement et de la sécurité (DRS, services spéciaux) comme les services de la présidence continueront à filtrer les dossiers des postulants sur des critères clientélistes et d’allégeance clanique.

Alternant la répression contre les manifestants dans la capitale et les promesses de régler les problèmes sociaux, le pouvoir algérien a réussi à survivre à la tempête qui souffle sur le monde arabe ; mais il n’est pas sorti de la zone rouge. En jouant dangereusement sur les antagonismes de la société, y compris la stigmatisation des «Kabyles qui veulent envahir la capitale», la propagande officielle a réussi, pour l’instant, à isoler les contestataires. Mardi, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), qui a organisé les manifestations interdites des 12 et 19 février, a volé en éclats.

Malgré les efforts de Me Abdennour Ali-Yahia, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, pour maintenir la cohésion, la CNCD s’est scindée en deux factions. D’un côté, les «radicaux», qui veulent la chute du régime et appellent à des manifestations tous les samedis. De l’autre, les «modérés», qui semblent satisfaits des mesures annoncées par le gouvernement et veulent marquer une pause.

Malgré la promesse d’un ambitieux programme de construction de logements, et des facilités pour la création d’emplois pour les jeunes chômeurs, les grèves ont gagné plusieurs secteurs. Des étudiants, qui protestent contre la dévalorisation de leurs diplômes par un décret de décembre 2010, aux employés municipaux, aux paramédicaux et aux greffiers de justice qui revendiquent des augmentations de salaires.

Grève générale

Une mobilisation qui encourage la branche radicale de la CNCD à rêver d’une grève générale. Sans compter les pressions internationales. Le département d’État américain estime que la levée de l’état d’urgence «doit se traduire par une extension des libertés et un véritable changement» . Pour sortir de l’instabilité chronique, des réformes politiques audacieuses devraient garantir le respect de toutes composantes d’une société plurielle. Jusque-là, les contradictions ethniques, culturelles et religieuses ont été traitées par la répression et la ruse. Comme les Mozabites, qui revendiquent la reconnaissance du rite ibadite, différent du rite malékite, majoritaire. Ou les Kabyles, dont les jeunes, de plus en plus nombreux, sont tentés par la voie autonomiste. Ou encore les musulmans non pratiquants et les nouveaux convertis au christianisme traînés devant les tribunaux comme des délinquants.

lefigaro.fr______

 

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