CAF-Maroc le poing sur la table de Mr Benkirane…

CAF-Maroc le poing sur la table de Mr Benkirane…

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Aujourd’hui et peut être pour assez longtemps, une véritable brouille s’est installée entre notre fédération de football et la confédération africaine de ce sport.
Après avoir fait penser à nos responsables qu’elle allait être clémente, celle ci ne s’est point gênée et a eu la main plutôt lourde dans l’affaire de la demande de report de la CAN.
L’équipe A du Maroc se retrouve exclue pour trois éditions d’affilié de la CAN, car il ne faut pas oublier que nous n’avons déjà pas disputé celle qui vient de se terminer.
Et cela n’a pas suffit.
Sans doute vu la richesse de notre football par rapport à la moyenne du continent et sûrement pour assouvir une soif maladive de mettre à genou un pays de la dimension du Maroc, la CAF veut aussi qu’on mette la main au portefeuille et attend de nous un chèque de près de 1millions de dollars comme pénalité et un autre de quelques 8,5 millions d’euros pour un prétendu préjudice financier subit.
Quel est en fait ce préjudice soi-disant subi par la CAF et ses partenaires, que le Maroc est sommé de combler?
Y a t il un pays où la CAN coûterait plus cher qu’un autre aux yeux de la CAF ?
La CAN a bien eu lieu.
La télévision à bien retransmis les matchs et donc a payé.
Les publicités ont bien fonctionné.
En fait la seule perte possible, peut être constituée par les fonds que des sponsors marocains allaient injecter dans l’affaire.
Ces annonceurs et médias marocains sont en réalité les vrais perdants dans la situation.
Qui a monté toute une stratégie de communication sur la CAN.
Qui a échafaudé son business plan de l’année sur la CAN, etc.
Là en effet, les manques à gagner et les budgets dépensés sont énormes et l’ont été à fond perdu pour les marocains.
La CAF fait semblant d’ignorer cela et demande en vérité à la fédération royale  marocaine de lui verser la différence entre ce qu’elle a perçue en Guinée Équatoriale et ce qu’elle aurait perçu au Maroc.
Comme si la fédération marocaine avait encaissé cet argent.
La confédération feint ignorer que la fédération et le gouvernement marocain avaient aussi engagé des budgets conséquents à préparer une CAN finalement avortée.
Force est de croire que les décideurs à la CAF sont plus gourmands ici qu’ailleurs…
Drôle de logique.
Je suis de ceux qui pensent qu’il s’agit d’omnipotence, digne de contrats léonins d’un autre temps.
Par une sanction pareille, ce n’est point la fédération de football qui est visée mais bien l’état marocain, car il est le bailleur de fond attitré du football marocain et c’est lui qui a pris l’initiative de demander de report.Le comportement de la CAF devrait faire réfléchir tous les états et gouvernements africains. Celui du Maroc, touché dans le vif, semble avoir pris conscience de la situation et entend peser de tous son poids dans l’affaire. Même le premier ministre Si Benkirane, à l’allure pourtant loin d’être sportive; s’y est mis et s’est exprimé en termes dures et déterminés, on ne peut plus claires.

C’est donc maintenant aux membres du bureau de la CAF de bien réfléchir…
Cette fois ci me semble t il, ils ont été un peu loin.
Voilà une instance qui, sous couvert d’indépendance et de légitimité, pratique une véritable dictature sur les membres, auxquels elle doit sa propre existence et sa survie.Ce genre d’instances échafaudent à leur guise et convenance des règles et règlements, les adoptent et les font subir sans vergogne à quiconque ne baisse pas la tête.
Ces règles sont quasiment toutes le fruit de réactions à des situations d’exception.
L’association passe ainsi d’instance d’union autour d’objectifs communs, à bourreau de ses propres membres.
Mais là n’est pas la question.
Après le bras de fer qui est une posture de positionnement, que doit être la prochaine étape pour le Maroc.
Alors que certains pensent qu’il faut ester devant une instance à compétence commerciale mondiale, d’autres penchent pour une procédure devant le Tribunal d’Arbitrage du CIO…mais est ce les recours les plus appropriés?
Il n’est quasiment pas de cas où le TAS n’a pas tranché en faveur de l’instance et non d’un individu ou d’un membre plaignant.
Exception pourtant, la JS Kabylie vient au TAS, d’obtenir gain de cause face à la CAF.
Est ce un signe du destin?
En tous cas cette décision confortera ceux en faveur de ce recours.
Pour ce qui est du recours devant une autre juridiction, seuls des juristes chevronnés pourraient éclairer notre lanterne.
Le problème par contre pour le Maroc, est une fois épuisé ces recours, si jamais les arrêts ne sont pas en notre faveur, que nous restera t il comme possibilité?
Quitter à jamais la CAF ?
Pour aller où alors?
Revenir à la négociation?
Dans quelle posture?
Autant éviter l’épreuve d’humiliation probable et passer directement à la négociation, une fois que les esprits se seraient calmés et que place aurait été faite à l’intelligence et au bon sens.

A moins que l’objectif ne soit celui d’éjecter définitivement le football marocain de son giron naturel, cette sanction à double ressort reste d’une exagération irresponsable, ayant conforté le caprice de puissance et d’impunité de membres mégalomanes connus pour ce qu’ils sont…
Les sages à la CAF par contre, et il y en a, seraient probablement sensibles à l’appel du bon sens et n’attendraient possiblement qu’un signal du Maroc.
En attendant, savez vous qu’elle est la préoccupation à la CAF?
Ce n’est certainement pas la question du Maroc.
Certains de ses honorables membres cherchent aujourd’hui à reculer l’âge de la retraite, de façon à ce que Mr Hayatou, même épuisé et malade, puisse briguer un énième mandat…voilà les vraies préoccupations de cette instance.
Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

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