Carnage en Norvège: le suspect semble être « dément », déclare son avocat

Carnage en Norvège: le suspect semble être « dément », déclare son avocat

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« Toute cette affaire suggère qu’il est dément », a estimé l’avocat, Geir Lippestad, au cours d’une rencontre avec la presse étrangère à Oslo.

 

Selon l’avocat, le suspect, qui a reconnu les faits mais refuse de plaider coupable, « déteste tous ceux qui croient en la démocratie ». Il n’a montré « aucun signe de commisération », « il pense qu’il est en guerre et que quand on est en guerre, on peut faire ce genre de choses sans plaider coupable », a-t-il ajouté.

Si les examens psychiatriques qui doivent encore être effectués concluent qu’il est un malade mental, alors « il ne pourra pas être condamné à de la prison », a souligné l’avocat.

Pour leur part, les autorités norvégiennes, confrontées au pire acte de violence perpétré sur leur territoire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, examinent la possibilité de poursuivre Anders Behring Breivik pour « crimes contre l’humanité ».

La police norvégienne envisage d’invoquer une disposition introduite en 2008 dans le code pénal, qui vise les « crimes contre l’humanité » et prévoit une peine de 30 ans de prison, selon le procureur Christian Hatlo, cité mardi par le quotidien norvégien Aftenposten.
« La police a jusqu’à présent invoqué le paragraphe 147, qui porte sur le terrorisme, mais elle n’exclut pas de recourir à d’autres dispositions », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police, Sturla Henriksboe. « Aucune décision définitive n’a encore été prise », a-t-il ajouté.
Les faits couverts par le paragraphe 147 ne sont, eux, passibles que d’une peine maximale de 21 ans : les deux premiers alinéas, ceux invoqués par la police, portent sur « la déstabilisation grave de fonctions essentielles de la société » et l’intention de « semer la peur au sein de la population ».

Se disant engagé dans une croisade pour « sauver la Norvège et l’Europe de l’Ouest face, entre autres, (…) à une invasion musulmane », Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a reconnu être l’auteur des deux attaques sanglantes de vendredi qui ont fait, selon un bilan encore provisoire, 76 morts dont de très nombreux jeunes.

Actuellement, Behring Breivik a une sorte de statut de « suspect officiel », une mise en examen préliminaire propre aux pays scandinaves qui se situe entre le statut de suspect et d’inculpé. Même s’il a reconnu les faits qui lui sont reprochés, une inculpation ne peut intervenir qu’au terme de l’enquête, selon le système judiciaire norvégien.
Pendant ses auditions, Behring Breivik a affirmé avoir opéré seul, mais il a aussi évoqué l’existence de « deux autres cellules », une affirmation que devront creuser les enquêteurs.
D’autant que son avocat a indiqué mardi que le suspect avait mentionné non seulement « deux cellules en Norvège », mais aussi « plusieurs cellules à l’étranger ».
A l’issue de sa première comparution devant le tribunal d’Oslo lundi, le juge Kim Heger a décidé de placer Behring Breivik en détention provisoire pour une période renouvelable de huit semaines, dont quatre en isolement total.
La police norvégienne a annoncé qu’elle commencerait mardi à 18h00 (16h00 GMT) à publier les noms des personnes tuées. Seront publiés sur le site www.politi.no les noms, âges et lieux de résidence des morts qui ont été formellement identifiés et dont les proches ont déjà été prévenus.
Lundi soir, entre 100.000 et 150.000 personnes se sont rassemblées dans le centre d’Oslo, une ville de 600.000 habitants, pour une gigantesque veillée d’hommage aux victimes.
Le bilan des attaques a été révisé lundi à 76 morts : huit personnes tuées dans l’attentat à la voiture piégée qui a ravagé le quartier des ministères et 68 abattues sur l’île d’Utoeya, à une quarantaine de kilomètres d’Oslo, où quelque 600 jeunes travaillistes étaient rassemblés.
Interrogé sur les critiques portant sur l’action de la police le 22 juillet, en particulier sur le fait qu’après la première alerte elle a mis près d’une heure pour arriver sur l’île d’Utoya, où le tueur s’est aussitôt rendu sans résistance, le ministre norvégien de la Justice, Knut Storberget, a estimé que la police avait « extrêmement bien rempli son contrat »
A l’issue d’une visite des cadres de la police, le ministre a dit avoir remercié la police pour sa mobilisation et son travail « fantastique ».
Juste avant la tuerie, Behring Breivik a diffusé sur l’internet un manifeste de 1.500 pages rempli de diatribes islamophobes et antimarxistes, où il détaille ses préparatifs.
Le suspect avait fait l’objet d’un signalement aux services de sécurité norvégiens en mars, sur un renseignement faisant état d’un achat modique dans une entreprise polonaise vendant des produits chimiques, mais ils ont estimé que le fait était trop anodin pour y donner suite.
« Même la Stasi en Allemagne de l’Est n’aurait pu détecter cette personne », a affirmé à la télévision norvégienne Janne Kristiansen, directrice de l’Agence de sécurité de la police (PST).
L’organisation européenne de coopération policière Europol a annoncé qu’à la suite des attentats en Norvège, elle voulait établir un portrait de l’extrémisme de droite européen.
« Nous essayons de préparer un portrait exact et actualisé de l’extrémisme de droite en Europe, et particulièrement en Europe du Nord », a déclaré à l’AFP Soren Pedersen, porte-parole d’Europol.

AFP _________________

 

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