Maison A la une Ce que vous devez savoir sur « Paradise Papers »

Ce que vous devez savoir sur « Paradise Papers »

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Un trésor de documents divulgués dimanche a été publié afin de montrer les liens financiers entre la Russie et un membre du cabinet du président Trump. Ils montreraient également comment les entreprises publiques russes ont financé de gros investissements sur Twitter et Facebook.

La fuite, appelée « Paradise Papers », a été révélée lorsque le Consortium international des journalistes d’investigation et ses douzaines de journaux d’information ont publié dimanche des enquêtes les concernant. Les partenaires déclarants comprenaient le New York Times, The Guardian et la BBC.

Le projet, qui repose sur plus de 13,4 millions de documents datant de 1950 à 2016, couvre un grand nombre de sociétés mondiales, de dirigeants gouvernementaux et de personnalités et leur utilisation de comptes offshore pour éviter les taxes ou cacher la propriété des actifs.

Le rapport est similaire aux « Panama Papers », qui en 2016 ont exposé des cas impliquant des célébrités et des dirigeants d’entreprises qui auraient transféré de grandes parties de leur richesse dans des paradis fiscaux à l’étranger.

Plusieurs membres du cercle restreint de Trump, y compris le secrétaire d’État Rex Tillerson et le conseiller économique en chef Gary Cohn, ont été mentionnés dans les journaux. The Times, qui a mentionné les deux hommes, a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve d’illégalité dans aucune de leurs transactions ».

Le consortium, quant à lui, a noté dans son rapport dimanche qu’il existe des utilisations légitimes pour les sociétés offshore et les fiducies.

« ICIJ n’a pas l’intention de suggérer ou de laisser entendre que des personnes, des entreprises ou d’autres entités ont enfreint la loi ou agi de manière inappropriée », a-t-elle déclaré dans un avertissement publié en ligne.

Les journalistes ayant accès aux journaux de Paradise ont noté dans des articles publiés dimanche que leur contenu continuera à faire des nouvelles dans les prochains jours.

 

Appleby, qui se présente comme «l’un des plus grands cabinets d’avocats offshore», avait annoncé fin octobre s’attendre à voir publiées des informations financières pouvant concerner certaines des personnes les plus riches de la planète, après un «incident» informatique.

La reine Elizabeth II.

La reine Elisabeth II possèderait ainsi une société qui gère ses biens, baptisée Duché de Lancaster, qui a investi 7,5 millions de dollars dans un fonds aux îles Caïmans en 2005. Ce fonds aurait lui-même investi dans un fonds qui contrôle une société baptisée «Brighthouse». Or, cette dernière est sous le feu des critiques au Royaume-Uni pour vendre aux ménages les plus défavoriés de l’électroménager, de l’ameublement et d’autres biens de consommation adossés à des prêts aux taux usuriers de 99,9 %.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau est également cité. Et notamment un de ses amis proches, le milliardaire Stephen Bronfman, qui avait levé plus de 27 millions de dollars pour sa campagne pour les élections législatives de 2015. À travers sa société Claridge, l’homme d’affaires aurait investi dans une structure financière opaque aux îles Caïman qui est soupçonnée d’avoir soustrait des millions de dollars aux caisses de l’État canadien. Cette révélation fait tache pour le premier ministre canadien qui a fait de la lutte contre les paradis fiscaux l’une de ses priorités.

Le secrétaire américain au Trésor, Wilbur Ross.

Le secrétaire américain au Trésor, Wilbur Ross, entretiendrait toujours des liens d’affaires étroits avec des proches du président russe, Vladimir Poutine, en dépit des sanctions qui frappent ce pays. Le ministre du Commerce de Donald Trump aurait ainsi gardé des participations dans une société de transport maritime de gaz liquéfié, Navigator Holdings, qui fait des affaires avec un oligarque russe visé par des sanctions américaines, ainsi qu’avec un gendre de Vladimir Poutine. Selon le New York Times, Wilbur Ross aurait réduit sa participation personnelle dans cette société lors de sa prise de fonctions en février, mais en contrôle toujours, via des entités offshore, 31%.

Facebook et Twitter apparaissent également dans les «Paradise Papers», car les deux sociétés auraient perçu des financements substantiels en provenance d’institutions publiques russes ayant des liens avec Vladimir Poutine, via un associé de Jared Kushner, le beau-fils de Donald Trump. Yuri Milner, le magnat russe qui auraient fait les investissements détiendrait également des actions dans une société co-détenue par Jared Kushner, qui est également un conseiller du président américian. Ces révélations sont de nature à alimenter le débat sur l‘immixtion de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de 2016, et le rôle des médias sociaux.

 

 

 

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