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La décompensation du sucre entre en vigueur ce 1er janvier 2016. La levée des subventions s’effectuera graduellement pour s’achever en 2017. Sur l’ensemble de l’année 2016, le gouvernement prévoit d’économiser 2 milliards de DH par rapport à une charge de compensation annuelle de plus de 3 milliards sur le sucre (3,2 milliards en 2014 et 3,3 milliards prévus en 2015), avant la décompensation. La moitié de cette économie ira au secteur de la santé pour l’équipement des hôpitaux surtout des zones défavorisées et enclavées. L’autre milliard alimentera le Fonds d’appui à la cohésion sociale.
Ce scénario annoncé par Chef du gouvernement, Abdelillah Benkirane, qui devra néanmoins être officialisé par arrêté, prévoit une réduction mensuelle autour de 0,15 DH par kilo de sucre. Ceci, sachant que la régulation du prix du sucre s’effectuait jusqu’ici à 2 niveaux de sa chaine de valeur. Primo, une subvention de 2,8 DH/kg qui est systématiquement accordée sur les quantités mises à la consommation du sucre raffiné. Secundo, une subvention additionnelle est déployée, le cas échéant, pour faire face aux fluctuations du cours international du sucre brut.

En outre, les prix sortie usine des différents catégories de sucre sont fixés par l’administration. La dernière révision des prix remonte à 2006. Avant ce dispositif de décompensation qui démarre donc, les prix usine du sucre étaient fixés à 5.008 DH/tonne pour le pain, les morceaux et les lingots. Pour ce qui est du granulé, ils varient entre 4.118 et 4.178 DH la tonne, selon la contenance, précise le ministère des Affaires générales. À ces prix s’ajoutent, les marges de distribution du sucre en gros et en détail, également fixées par l’administration et le différentiel de transport entre l’usine de production ou les agences de commercialisation et les différents points de vente.
L’impact de la décompensation du sucre ne sera pas négligeable. L’utilisation indispensable du sucre pour le thé et autres gourmandises fait du Maroc un des plus grands consommateurs de sucre au monde avec une consommation par habitant et par an estimée à 37 kg alors que la moyenne mondiale est de 20 kg, selon les statistiques de Crédit Agricole du Maroc. Ceci sans compter le sucre consommé à travers les produits agro-industriels comme les sodas.

Globalement, la consommation nationale du sucre s’élève annuellement à plus de 1,2 million de tonnes depuis 2011, selon les données publiées par la Caisse de compensation. Par type de produit, le granulé représente près de la moitié de la consommation nationale (56%), suivi du sucre en pain avec 30% puis du sucre en morceaux et en lingots (14%).

Bank Al-Maghrib estime l’impact de la décompensation du sucre sur l’inflation à 0,27 point additionnel en 2016 et à 0,48 point au premier trimestre 2017.
À noter que la filière sucrière revêt une place stratégique dans l’économie nationale. Elle bénéficie d’un contrat-programme 2013-2020 qui a permis de doubler la production entre 2012 et 2015 à 510.000 tonnes. Idem pour le taux de couverture de la consommation par la production nationale. Il reste toutefois faible (40% en 2015). Les 60% restant de la consommation sont satisfaits par le raffinage du sucre brut importé.

 

 

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