Changement climatique : les rives grignotées du fleuve Saint-Laurent

Changement climatique : les rives grignotées du fleuve Saint-Laurent

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La disparition progressive de ce couvert glacé sur une portion du fleuve accroît l’érosion des berges. Moins protégées des tempêtes qui se déroulent pour plus d’un tiers en hiver, les rives perdent du terrain et les plages disparaissent. Connu depuis longtemps sur la rive nord du Saint-Laurent, ce phénomène gagne maintenant la rive sud, plus peuplée. La tempête du 6 décembre 2010 a eu l’effet d’un électrochoc, dans la région de Sainte-Luce, Sainte-Flavie, Matane, à l’entrée de la Gaspésie. Une grande marée, combinée à une dépression et à une tempête a emporté des terrains, des fondations de maisons, des routes. Un événement qui n’a rien d’isolé, préviennent les scientifiques. À l’avenir, ce genre de tempêtes pourrait revenir plus fréquemment et surtout éroder davantage les rives du fleuve.

Une combinaison de facteurs amène les experts à prévoir que la mer devrait grignoter toujours plus de terrain dans les décennies à venir, 40% des côtes sur la rive sud seraient à risque de submersion. Certaines causes s’expliquent par la structure géologique. La rive sud du Saint-Laurent s’enfonce, comme d’ailleurs les provinces maritimes et une partie de la côte-Est américaine. D’autres raisons relèvent de la montée mondiale des océans avec la fonte des glaciers, mais aussi de l’urbanisation des côtes qui modifie la circulation du sable le long de la côte.

Au fil des tempêtes, les chercheurs ont constaté que des maisons parfois très proches du fleuve échappaient parfois à des inondations qui en affectaient d’autres, plus loin de la furie des vagues. Cette différence s’explique par la présence de plages de sable, juste en avant des résidences concernées.

Depuis peu, les études tentent d’établir les trajets du sable le long de la côte, ses lieux de dépôt, car on prend conscience que l’accumulation de sédiments constitue une barrière naturelle à la protection de la rive.

Moins de glace, du sable en mouvance, des températures en hausse, des tempêtes plus fréquentes, des courants maritimes très locaux, prédire les futures zones potentiellement inondables des rives du Saint- Laurent ressemble à un casse-tête de niveau olympique. Pour y voir plus clair, la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’Université du Québec à Rimouski travaille sur une cartographie très précise des rives du fleuve, grâce à des milliers de balises installées sur les côtes. Des outils qui vont permettre de mieux prendre conscience du comportement maritime du fleuve Saint-Laurent long de 3 260 kilomètres, large parfois de 40 ou 60 km, qui se comporte parfois comme une mer intérieure avec ses vagues de plusieurs mètres de haut.

 

rfi.fr_______________

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