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Chine: « 15 secondes » pour tuer cinq des assaillants de Kunming, raconte un policier

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Le policier, dont le nom n’était pas divulgué, a affirmé qu’il lui avait fallu « 15 secondes » pour abattre cinq des huit assaillants qui ont poignardé indistinctement 170 personnes samedi soir à la gare de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine.
La tuerie, qui a fait 29 morts et 143 blessés, est imputée par les autorités chinoises à des « séparatistes du Xinjiang », une vaste région de l’ouest de la Chine dont les Ouïghours, des musulmans turcophones, constituent l’ethnie majoritaire.
Arrivé sur les lieux dix minutes après le début de l’attaque, le policier dirigeait une équipe d’intervention de quatre membres mais était « le seul à porter sur lui une arme à feu automatique », a précisé la télévision d’Etat (CCTV). « Certains passagers étaient maintenus à terre et (les assaillants) continuaient à les poignarder », a relaté le policier, dont le visage n’était pas filmé.

- « J’ai sauvé de nombreuses vies » -

Après un tir de sommation, il a visé l’agresseur le plus proche de lui, « vêtu d’habits noirs et d’un voile », et qui brandissait « un couteau long d’environ 60 ou 70 centimètres », a encore raconté le policier. « Quatre autres (assaillants) n’ont pas reculé pour autant et continuaient d’accourir dans ma direction. Je les ai tous abattus », a-t-il ajouté. « Cela a probablement pris 15 secondes entre le premier tir et le moment où tous les cinq étaient touchés et tombés à terre. J’ai sauvé de nombreuses vies de civils innocents ».
Peu de détails supplémentaires étaient apportés par la télévision d’Etat, dont la version des faits semblait contredire certains médias chinois, qui ont rapporté que le massacre avait duré au moins 25 minutes.
Le ministère chinois de la Sécurité publique avait annoncé que trois suspects avaient été arrêtés lundi. Il avait ajouté que quatre des assaillants avaient été tués lors de l’attaque et qu’une autre avait été blessée par un tir puis interpellée sur place. La police a depuis obtenu « des aveux » de la part de cette dernière, a précisé le patron du Parti communiste de la province du Yunnan –où se trouve Kunming–, cité par un site d’informations affilié à une autorité judiciaire nationale.


- Craintes de « diabolisation » -

Quatre jours après l’événement, les forces de police restaient nombreuses mardi autour de la gare de Kunming, devant laquelle stationnaient d’imposants fourgons, tandis que des gardes paramilitaires patrouillaient dans le terminal de l’aéroport local.
L’hôpital Numéro 1 de Kunming, où étaient soignées les victimes de l’attaque, était également sous étroite surveillance policière.
De son côté, le Congrès mondial ouïghour, une organisation en exil basée à Munich (Allemagne), a indiqué mardi dans un communiqué « condamner sans équivoque les violences », tout en appelant Pékin à ne pas réprimer uniformément l’ensemble des Ouïghours en représailles.
« Il est important que le gouvernement gère cette affaire de façon rationnelle, et n’en vienne pas à diaboliser l’ensemble du peuple ouïghour pour en faire indistinctement des ennemis d’Etat », a insisté Rebiya Kadeer, présidente de l’organisation exilée. « Il n’en reste pas moins que la contestation pacifique des politiques répressives du gouvernement à l’encontre des Ouïghours reste légitime ; le gouvernement ne doit pas confondre cette opposition constructive et les événements du 1er mars », a prévenu Mme Kadeer.
Le Xinjiang est depuis 2009 le théâtre de nombreuses violences entre les Chinois Han (ethnie ultra-majoritaire du pays) et les Ouïghours, qui se disent victimes d’une politique répressive. Ils accusent Pékin de les tenir à l’écart de l’essor économique de la région et de vouloir étouffer leur culture et leur religion.
Les autorités chinoises de leur côté mettent en avant les ambitieux investissements publics réalisés au Xinjiang et taxent habituellement de « terroristes » les auteurs de violences.
Le Congrès mondial ouïghour lui-même est « une organisation séparatiste antichinoise », « non qualifiée pour représenter les Ouïghours de Chine », a réagi mardi Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

AFP

 

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